Gaz de schiste: «le débat va nécessairement évoluer» selon le PDG de Total

A.C.

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La prospection des gaz de schiste «se justifie», et «le débat va nécessairement évoluer» sur la question, estime le PDG de Total, Christophe de Margerie, dans une interview à La libre Belgique jeudi, après l'abrogation de son permis d'exploration par la France. «Le timing (de cette interdiction, ndlr) est très mauvais alors que la prospection se justifie», estime Christophe de Margerie.

Un débat «particulièrement sensible» en France

Total vient de déposer un recours administratif contre l'abrogation de son permis d'exploration des gaz de schiste dans le sud de la France, qui a été décidée par le gouvernement en octobre suite à la loi interdisant l'usage de la fracturation hydraulique, jugée trop polluante. Total avait fait part de sa «surprise» à la suite de cette décision, le groupe s'étant explicitement engagé à ne pas utiliser la fracturation hydraulique. «Ce débat tombe mal mais il fallait l'avoir. Il est particulièrement sensible dans un pays comme la France où la nature a toujours joué un rôle important. Nous n'avons pas non plus la taille ni la culture de l'Amérique où l'on est propriétaire de son sol», souligne le patron du géant pétrolier.

Selon lui cependant, «le débat va nécessairement évoluer. Il est d'ailleurs prévu par la loi. Cela prendra du temps bien sûr. A nous de prouver que nous ne faisons pas n'importe quoi». Le permis accordé à Total, dit «de Montélimar», couvrait une vaste zone de 4.327 km2 du nord de Montélimar jusqu'à Montpellier, sur plusieurs départements dont l'Ardèche, la Drôme et le Gard, centres de la contestation contre le gaz de schiste en France.