Début des travaux de la ligne à très haute tension contestée Cotentin-Maine

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La construction de la ligne à très haute tension (THT) Cotentin-Maine, qui doit notamment acheminer l'électricité produite par le réacteur EPR en construction à Flamanville (Manche), a démarré, malgré des recours devant le Conseil d'Etat, a indiqué mardi RTE, filiale d'EDF.
La construction de la ligne à très haute tension (THT) Cotentin-Maine, qui doit notamment acheminer l'électricité produite par le réacteur EPR en construction à Flamanville (Manche), a démarré, malgré des recours devant le Conseil d'Etat, a indiqué mardi RTE, filiale d'EDF. — Mychele Daniau afp.com

La construction de la ligne à très haute tension (THT) Cotentin-Maine, qui doit notamment acheminer l'électricité produite par le réacteur EPR en construction à Flamanville (Manche), a démarré, malgré des recours devant le Conseil d'Etat, a indiqué mardi RTE, filiale d'EDF.

"Les travaux d'aménagement des accès ont démarré fin décembre. Là, nous sommes dans les fondations des pylônes. Le premier pylône va être levé aux alentours du 15 février", a expliqué à l'AFP Jean-Michel Ehlinger, directeur de l'aménagement de la ligne THT chez RTE, la filiale d'EDF qui gère les lignes.

Avec un budget de 350 millions d'euros, 163 km de lignes, 420 pylônes, jusqu'à 40 entreprises et 800 à 900 salariés mobilisés au plus fort de l'activité, il s'agit d'"un des plus gros chantiers", si ce n'est le plus gros, jamais mené par RTE (Réseau transport d'électricité), selon M. Ehlinger.

Une quarantaine de chantiers sont en cours dans trois des départements concernés (Manche, Calvados, Mayenne). Le permis de construire est imminent en Ille-et-Vilaine, selon RTE.

Pour la ligne Cotentin-Maine, RTE proposait, pour la première fois en France, de racheter les maisons des riverains se trouvant dans la bande des 100 mètres de part et d'autre de la THT. Sur 135 habitations concernées, une soixantaine ont été rachetées ou sont en cours de rachat, pour des montants de 20/25.000 euros à 700.000 euros (pour un petit manoir), selon RTE.

"85% des propriétaires concernés par les pylônes ou les surplombs ont signé un accord à l'amiable. Dans les 15% restant, il y a ceux qui ne veulent pas, ceux qu'on ne trouve pas, ou des terrains en cours de remembrement", a souligné M. Ehlinger. En cas de refus, une mise en servitude est de toute façon décidée par le préfet.

Pour Jean-Claude Bossard, maire du Chesfrene (Manche), coordinateur interrégional d'un collectif d'élus opposés à la THT, ces chiffres sont faux.

"Depuis l'automne, j'ai trois à quatre appels par semaine de gens qui veulent savoir comment réagir face aux pressions de RTE pour les faire signer", a affirmé l'ancien candidat Europe Ecologie-Les Verts (EELV) aux élections régionales. RTE dément toute pression.

Une retraitée de Saint-Martin d'Aubigny (Manche) a porté plainte contre RTE pour extorsion de signature à personne vulnérable et une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet d'Alençon, selon le parquet.

Après de multiples et vains recours en justice, la THT fait encore l'objet de six recours devant le Conseil d'Etat, selon RTE. L'un d'entre eux a été déposé par le député UMP Pierre Méhaignerie au nom de la communauté de communes de Vitré (Ille-et-Vilaine) que préside l'ancien garde des Sceaux.

Les opposants à la THT réclament une étude épidémiologique sur les effets sur la santé des ondes émises par ces lignes, avant sa mise en service prévue fin 2012.

M. Bossard a annoncé d'autres recours dans les prochains jours contre les permis de construire, devant le tribunal administratif de Caen.