La Nina favorise l'apparition de nouveaux virus de la grippe

SANTE Le phénomène climatique influerait sur les épidémies de grippe via les oiseaux migrateurs, selon des chercheurs américains...

Audrey Chauvet

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Des grues cendrées lors de leur migration annuelle, dans l'Est de la France.
Des grues cendrées lors de leur migration annuelle, dans l'Est de la France. — Francis Apesteguy/SIPA

Grippe porcine, grippe aviaire, H1N1… Les épidémies seraient plus susceptibles de se produire lors des années où la Nina, ce phénomène climatique durant lequel les eaux de surface du Pacifique refroidissent, règne sur le globe. Selon des chercheurs américains, La Nina modifie les trajets de migration des oiseaux, et les met ainsi en contact avec de nouveaux virus contre lesquels ils ne sont pas immunisés. Ensuite, ces virus suivent les oiseaux et se répandent partout dans le monde.

Les virus se mélangent

«Nous pensons que La Nina amène des oiseaux, qui habituellement ne se croisent pas, à se rencontrer, a expliqué Jeffrey Shaman, professeur à l’université de Columbia à New York à la BBC. Cela permet la naissance de virus réassortis», c’est-à-dire le mélange de deux virus de grippe. Les grandes épidémies des dernières années se sont effectivement produites durant des années marquées par La Nina: la grippe espagnole en 1918, la grippe asiatique en 1957, la grippe de Hong Kong en 1968 et la grippe porcine en 2009. A chaque fois, les virus s’étaient recombinés pour en créer un nouveau, contre lequel nul n’était immunisé.

«Il est certain que l’alternance La Nina-El Nino affecte le climat, les précipitations et l’humidité dans le monde, explique Jeffrey Shaman, professeur à l’université de Columbia à New York, mais les effets sont très variés selon les régions, il n’y a pas de conséquence unique», nuance-t-il, rappelant que les effets du climat ne sont qu’une part de l’explication de l’apparition de nouveaux virus.