France nature environnement propose un «contrat environnemental» aux candidats à la présidentielle

ENVIRONNEMENT La fédération d'associations a fait le bilan environnemental du quinquennat de Nicolas Sarkozy et présente ses propositions aux candidats à l'Elysée...

Audrey Chauvet

— 

En février 2011, la campagne de France Nature Environnement sur l'agriculture avait déclenché un tollé avant le Salon de l'agriculture.
En février 2011, la campagne de France Nature Environnement sur l'agriculture avait déclenché un tollé avant le Salon de l'agriculture. — MAISONNEUVE/SIPA

Une déception à la hauteur des espoirs suscités: pour France nature environnement (FNE), le quinquennat qui se termine n’a pas été au bout de ses ambitions environnementales. Pour que l’impulsion donnée par le Grenelle de l’environnement ne retombe pas complètement, FNE va mettre dans les mains des candidats à la présidentielle une série de propositions pour une véritable «transition écologique».

Pas de consignes de vote

Baptisé «Appel des 3.000», comme les 3.000 associations membres de la fédération FNE, ce livre blanc de l’écologie n’a toutefois rien à voir avec le Pacte écologique proposé par Nicolas Hulot en 2007, précise Bruno Genty, président de FNE: «Nous ne demandons pas de signatures, mais nous cherchons à créer un dialogue autour de nos propositions pour que chaque candidat y mette sa touche personnelle.»

Pour l’heure, FNE a présenté son contrat environnemental au Front de gauche, au Parti socialiste, à Europe Ecologie-Les Verts, au Modem, au Nouveau centre et à l’UMP. «Notre responsabilité est de contribuer, en tant que mouvement citoyen, à trouver des solutions pour sortir de la crise», explique Bruno Genty, qui se refuse toutefois à donner des consignes de vote. «Nous allons demander aux candidats ce qu’ils sont prêts à faire, surtout pour que la question écologique ne reste pas sous le tapis. Bayrou commence à parler de lutte contre l’artificialisation des sols, Hollande de contribution écologique… La preuve que nos rencontres avec les équipes de campagne commencent à porter leurs fruits.» Pour FNE, il est impératif que l’écologie reste au cœur des préoccupations politiques, crise économique et crise écologique étant intimement liées pour l’association. «Ces crises impactent les Français dans leur vie quotidienne, par exemple avec la précarité énergétique», poursuit Bruno Genty.

Un dialogue environnemental à la hauteur du dialogue social

«La mandature qui s’achève a été marquée par le Grenelle de l’environnement, dont la feuille de route est toujours valide, explique Benoît Hartmann, porte parole de FNE. Mais la déception a été très forte du fait de cet espoir immense.» Selon l’association, le Grenelle n’a pas tenu ses promesses: «Nous avons obtenu des avancées: la réalisation de bilans carbone par les entreprises, des plans climats territoriaux, un plan de développement des énergies renouvelables, la création des trames vertes et bleues pour la biodiversité, de parcs nationaux,… Mais parallèlement, le Grenelle de la mer n’a pas abordé la question de l’exploitation des hydrocarbures au large, comme cela va se faire en Guyane, le Grenelle des ondes n’a pas abouti à des décisions importantes, le schéma national des infrastructures de transport n’a pas remis en cause le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes…», énumère Benoît Hartmann.

Côté fiscalité, FNE regrette également que «la substitution d’une fiscalité environnementale à la fiscalité sur le travail» n’ait pas eu lieu. Taxe carbone abandonnée, bonus-malus automobile affaibli par la prime à la casse qui a incité à «la surconsommation», taxe kilométrique poids lourds reportée… Le poids des lobbies s’est encore fait lourdement sentir dans les décisions du gouvernement selon l’association: «L’environnement est encore souvent vu comme un frein au business, déplore Benoît Hartmann. Le collège à cinq tel qu’il a été pratiqué pendant le Grenelle est un bon moyen de contrer les lobbies, sauf quand ils jouent la montre et font du chantage à l’emploi et à l’économie.» Deux thématiques qui risquent de peser plus lourd dans la campagne présidentielle que l’environnement. «Il faut un dialogue environnemental comme il a pu y avoir un dialogue social au XXe siècle», rajoute Bruno Genty, qui espère que ce dialogue commencera le 28 janvier prochain, lors du Congrès de FNE à Montreuil qui réunira militants associatifs et représentants politiques de tous bords.