Eoliennes en mer: l'appel d'offres va passer un cap majeur

ENERGIE Les candidats devront rendre leur offre le 11 janvier...

© 2012 AFP

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La France va franchir cette semaine une étape capitale dans son appel d'offres en vue de l'installation de centaines d'éoliennes en mer, un gigantesque marché disputé par des géants européens de l'énergie qui ont jusqu'à mercredi pour entrer en lice.
La France va franchir cette semaine une étape capitale dans son appel d'offres en vue de l'installation de centaines d'éoliennes en mer, un gigantesque marché disputé par des géants européens de l'énergie qui ont jusqu'à mercredi pour entrer en lice. — David Hecker afp.com

La France va franchir cette semaine une étape capitale dans son appel d'offres en vue de l'installation de centaines d'éoliennes en mer, un gigantesque marché disputé par des géants européens de l'énergie qui ont jusqu'à mercredi pour entrer en lice. Selon le gouvernement, cette compétition ouverte l'an dernier, qui représente un investissement total de 10 milliards d'euros, doit permettre d'ériger 500 à 600 éoliennes de plus de 200 mètres de haut au large des côtes de la Manche et de l'Atlantique. De quoi produire jusqu'à 3 gigawatts d'électricité, soit l'équivalent de 3 réacteurs nucléaires ou de 1,75% de la consommation française. Les investissements seront à la charge des industriels mais ils bénéficieront de tarifs garantis de rachat de l'électricité qu'ils produiront.

Démarrage des chantiers en 2015

Cinq sites ont été sélectionnés pour accueillir les parcs d'éoliennes offshore. Hormis le Tréport, en Seine-Maritime, où un groupement mené par GDF Suez sera a priori le seul candidat, deux à trois consortiums devraient se disputer chacune des zones en jeu. Ils ont jusqu'au 11 janvier pour remettre leurs offres à la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Les lauréats seront ensuite désignés en avril par le gouvernement, et auront un an et demi (jusqu'en octobre 2013) pour confirmer la faisabilité des projets. Les chantiers devraient démarrer en 2015.

Cet appel d'offres constitue la première tranche d'un programme qui vise à installer au total environ 1.200 éoliennes au large des côtes françaises d'ici 2020 (soit environ 6 gigawatts), conformément à l'objectif fixé lors du Grenelle de l'environnement de porter à 23% la part des énergies renouvelables dans la consommation d'électricité nationale à la fin de la décennie. Au-delà de la lutte contre le réchauffement de la planète, l'objectif est de faire naître une nouvelle filière industrielle «verte», avec la création d'usines sur le sol français qui fabriqueront les pales, les mâts ou les embases des turbines.

Les riverains restent un obstacle à l’installation des éoliennes

Les consortiums candidats sont menés pour la plupart par des grands noms de la production d'énergie, comme EDF et GDF Suez, ou l'espagnol Iberdrola. Pour maximiser leurs chances, ils feront assaut d'engagements en matière de préservation de l'environnement et d'emplois, et se sont associés principalement à des équipementiers français (Areva et Alstom) pour la fabrication de leurs éoliennes. Ces fabricants de turbines ont promis à leur tour d'ouvrir des usines en France en cas de victoire (Areva parle d'implanter une usine au Havre, Alstom a sélectionné Cherbourg et Saint-Nazaire).

Ce projet ambitieux vise à rattraper un retard criant: de multiples parcs d'éoliennes ont déjà fleuri ailleurs en Europe, notamment en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas. Et les côtes françaises constituent selon les experts un énorme gisement d'énergie. Mais l'exploitation de cette ressource a subi de nombreux coups de freins en France. Outre le coût des turbines et les défis techniques liés à leur installation, leur raccordement au réseau électrique et leur maintenance, s'ajoutent des craintes pour l'environnement et certaines activités humaines comme la pêche, le transport ou le tourisme. Des obstacles que le gouvernement espère bien surmonter cette fois-ci, grâce aux leçons tirées d'un premier appel d'offres organisé en 2004-2005 pour installer des éoliennes au large de la Côte d'Albâtre, en Haute-Normandie. Il avait été remporté par l'allemand Enertrag, mais le projet s'est depuis enlisé à cause de recours judiciaires déposés par des riverains.