La décision de l'ASN rassure les salariés et riverains de Fessenheim

NUCLEAIRE L'Autorité de sûreté nucléaire estime que la plus vieille centrale française n'a pas besoin d'être mise à la retraite...

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L'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), en écartant mardi l'hypothèse d'une fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), a soulagé riverains et salariés de la doyenne du parc français, au grand dam des écologistes qui réclament son démantèlement.
L'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), en écartant mardi l'hypothèse d'une fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), a soulagé riverains et salariés de la doyenne du parc français, au grand dam des écologistes qui réclament son démantèlement. — Patrick Hertzog afp.com

L'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), en écartant mardi l'hypothèse d'une fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), a soulagé riverains et salariés de la doyenne du parc français, au grand dam des écologistes qui réclament son démantèlement. Dans ce bourg tranquille et aisé de 2.300 âmes, dont plusieurs centaines vivent directement ou indirectement de la centrale, les habitants défendent la poursuite de l'activité nucléaire «à la quasi-unanimité», résume la maire (sans étiquette), Fabienne Stich. L'avis de l'ASN «nous a rassurés, même si j'étais confiante. Si la centrale avait dû fermer, les conséquences auraient été catastrophiques», souligne-t-elle alors que le budget municipal est financé à hauteur de 50% par EDF.  L'élue assure toutefois que la sécurité de ses administrés «passe avant tout».

Fessenheim, enjeu de la présidentielle?

«Nous ne sommes pas sauvés pour autant», craint Fabienne Stich, qui «espère» désormais que le dossier Fessenheim ne sera pas utilisé «à des fins politiciennes» pendant la campagne présidentielle. Les salariés, qui ont lancé le mois dernier une pétition contre la fermeture du site, affichaient également mardi leur satisfaction. «On est forcément soulagés par la nouvelle, après tous les efforts qui ont été faits ces derniers mois», souligne Philippe Huck, délégué syndical CGT chez EDF, évoquant les «millions d'euros qui ont été injectés dans la rénovation» du site, à l'issue de la visite décennale de 2009-2010 sur le réacteur N.1. «On a confiance dans notre centrale. J'habite à un kilomètre (des réacteurs) et j'ai trois enfants. Je serais fou de les faire vivre ici si je savais qu'il y avait un risque», ajoute le syndicaliste.

Pour le directeur de la centrale, Thierry Rosso, les conclusions de l'ASN constituent un «hommage au travail» des salariés, et «montrent bien que l'âge d'une centrale n'est pas révélateur de son état de sûreté». Les recommandations, notamment celle consistant à mettre en place des réserves d'eau supplémentaires pour refroidir les réacteurs en cas de problème, seront «mises en place dans les mois qui viennent», assure-t-il. Au Country pub, l'un des trois restaurants du bourg, la patronne Josiane Ruthmann affiche le même soutien sans faille à la centrale. «C'est notre gagne-pain, résume-t-elle. Si elle devait fermer, je mettrais la clef sous la porte».

«Des incidents, des risques de séisme et d'inondation…»

Les antinucléaires se disent au contraire déçus du rapport de l'ASN sur la centrale, selon eux vétuste et construite dans une zone à risques, et soupçonnent un coup de Trafalgar du gouvernement. L'ASN «pose des conditions très importantes pour la poursuite de l'exploitation, on va entrer dans un processus qui se chiffrera en milliards d'euros», explique André Hatz, un des responsables de l'association Stop Fessenheim. «Une fermeture pourrait aussi couper l'herbe sous le pied de la gauche et des écologistes», dit-il.

«Si le gouvernement a envie de donner aux écologistes une centrale en bouc-émissaire, ce sera Fessenheim», renchérit Jean-Marie Brom, physicien et porte-parole régional du réseau Sortir du nucléaire. Le site alsacien «a tout ce qu'il faut pour être fermé: des incidents, des risques de séisme et d'inondation». «Ce ne sont pas les scientifiques qui décideront de l'avenir de Fessenheim, mais les politiques», estime pour sa part le porte-parole des Verts alsaciens, Alain Jund. «En ce sens, l'année électorale à venir sera cruciale», analyse-t-il.