Bosch parie sur les panneaux photovoltaïques pour son usine de Vénissieux

INDUSTRIE L'usine d'équipement automobile se reconvertit pour sauver les emplois et mise sur l'essor des énergies renouvelables...

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Une ligne robotisée flambant neuve, des salariés dans les starting blocks: Bosch convertit début janvier son usine de Venissieux, près de Lyon, jusqu'ici vouée à la sous-traitance automobile, à la production de panneaux photovoltaïques, pariant sur l'avenir du secteur.
Une ligne robotisée flambant neuve, des salariés dans les starting blocks: Bosch convertit début janvier son usine de Venissieux, près de Lyon, jusqu'ici vouée à la sous-traitance automobile, à la production de panneaux photovoltaïques, pariant sur l'avenir du secteur. — Philippe Desmazes afp.com

Une ligne robotisée flambant neuve, des salariés dans les starting blocks: Bosch convertit début janvier son usine de Venissieux, près de Lyon, jusqu'ici vouée à la sous-traitance automobile, à la production de panneaux photovoltaïques, pariant sur l'avenir du secteur. L'invasion des panneaux chinois à bas prix et la mise en redressement judiciaire de Photowatt, pionnier français de l'énergie solaire, n'effraient pas la direction. «Le marché, très volatil, n'a pas atteint sa maturité», estime le co-directeur de l'usine, Marc Baeumlin. Il y a une place à prendre alors que «dans trois à cinq ans, le prix de revient de l'énergie photovoltaïque sera compétitif par rapport au prix du nucléaire», renchérit Axel Becker, directeur du projet.

Une capacité de production de 1.000 panneaux par jour

Il y a un an tout juste que la décision a été prise par l'équipementier et fabricant d'électroménager allemand. «C'est la première reconversion d'un site industriel de cette importance en aussi peu de temps», souligne le secrétaire CFDT du comité d'entreprise de Vénissieux, Marc Soubitez. Dans un hall immense sentant la peinture fraîche, une première ligne est prête à produire chaque jour 1.000 panneaux solaires de 2 mètres de haut, une deuxième ligne le sera en mai. Leur capacité s'élève à 150 Mégawatt, soit la première installation de cette importance en France, pour laquelle la maison-mère a investi 30 millions d'euros.

Les cellules photovoltaïques fabriquées à partir de silicium arriveront d'Arnstadt (centre de l'Allemagne), où Bosch a établi il y a deux ans une chaîne complète de production. A Vénissieux, elles seront assemblées en panneaux, à destination de l'Hexagone, du Benelux et du bassin méditerranéen. Soixante-dix Français sont allés se former outre-Rhin au réglage des machines à souder et des laminoirs. Au total, quelque 250 salariés se consacreront à l'activité.

Dans un bâtiment mitoyen, une centaine vont continuer à travailler sur des éléments de pompes à injection diesel, production d'origine du site. Ces articles seront exportés dans des pays émergents, aux normes anti-pollution moins exigeantes. L'évolution des normes et des technologies au cours de la dernière décennie a failli signer la fin de l'usine de Vénissieux, avant ce tournant pris dans le solaire. «Notre base demeure une ligne de production en grandes séries», remarque Marc Baeumlin, qui met en avant la «compétence industrielle reconnue» du site et capitalise également sur le «made in France» et l'argument qualité, avec une garantie des panneaux durant vingt ans pour les acheteurs.

Bosch veut «devenir un leader mondial dans le photovoltaïque»

Tous ici croient désormais dur comme fer aux énergies renouvelables: «il y a une mutation technologique qui s'opère, ça n'est qu'une question de temps», selon le dirigeant. Il compte participer à «l'ambition de Bosch de devenir un leader mondial dans le photovoltaïque». La division Solar Energy du groupe doit avoir pour la première fois dépassé le milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2011. L'activité ne génèrera pas de bénéfices à court terme. Non coté en Bourse, Bosch est la propriété d'une fondation d'utilité publique et n'a «pas à rendre un taux de rendement de 20%», explique le co-directeur, en référence aux déboires de Photowatt.

Les salariés vivent «un challenge incroyable», d'après leur responsable CFDT, qui a reçu vendredi la visite de la candidate écologiste à l'élection présidentielle, Eva Joly. La prudence reste toutefois de mise. Serge Truscello (CGT) avertit: «nous dépendons beaucoup de ce que décidera l'Etat pour la filière».