La voiture électrique, trop silencieuse et trop chère pour les Européens

SONDAGE 70% des Européens interrogés la jugent moins stressante pour le conducteur mais pensent que son silence représente un danger pour les piétons...

A.C. avec Reuters

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La Volt, de Chevrolet, est une voiture hybride rechargeable.
La Volt, de Chevrolet, est une voiture hybride rechargeable. — M.BLINCH/REUTERS

Le silence des voitures électriques, atout ou inconvénient? Une majorité d'Européens estime que le déplacement silencieux des voitures électriques constitue une avancée pour la conduite en ville, mais un danger pour les piétons, selon une étude publiée jeudi. Les personnes interrogées pour la dernière étude réalisée par l'Observatoire Cetelem de l'automobile jugent à 94% que la disparition des bruits associés à une voiture traditionnelle sera favorable à l'environnement sonore, et à 70% qu'elle sera moins stressante pour la conduite.  En revanche, 53% d'entre eux estiment que ce silence retrouvé sera dangereux pour les piétons. Les Italiens sont les moins méfiants (41% des personnes interrogées évoquent un danger) et les Français les plus préoccupés (70% jugent ce silence dangereux pour les passants).  

70% des personnes interrogées estiment qu'il faut resonoriser le véhicule

Si le bilan carbone de ces véhicules est imbattable, leur multiplication n'est pas sans risque. Contrairement à une voiture essence ou diesel, le véhicule électrique n'émet aucun bruit et ne produit aucune vibration. Hormis le roulement des pneus sur la chaussée et quelques sons émis par les organes de direction et de freinage du véhicule, on se retrouve au volant dans un parfait silence, tandis qu'à l'extérieur, personne n'entend la voiture venir.

Et c’est là que le bât blesse: ce mardi, la presse a rapporté qu'une passante avait été heurtée et blessée par une voiture Autolib à Paris. Pour remédier à ce défaut, plus de 70% des personnes ayant essayé une voiture électrique lors d'un test organisé début octobre par l'Observatoire Cetelem estiment qu'il faut resonoriser artificiellement le véhicule à l'extérieur. Certains ont prôné l'installation d'un tintement permanent type autobus. L'équipementier Valeo propose lui un système de radars qui déclenchera l'alerte si un obstacle surgit.

Le prix, un obstacle encore important pour l’acquisition d’une voiture électrique

L'étude montre que dans l'absolu 71% des Européens interrogés sont intéressés par le véhicule électrique, et que 57% sont prêts à faire l'acquisition d'une telle voiture.  «Il s'agit vraiment d'une rupture technologique qui intéresse les Européens», commente Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire. «A tel point qu'ils sont favorables à la voiture électrique alors qu'ils parlent d'un véhicule que peu d'entre eux ont essayé et qu'ils n'ont quasiment jamais vu dans la rue.» Le prix reste en revanche un obstacle de taille dans le contexte actuel de crise, tout comme l'idée de louer la batterie pour faire baisser le prix d'achat du véhicule, entorse à la notion de propriété toujours attachée à l'automobile. 

2012 s'annonce comme une grande année pour la voiture électrique en France et en Europe. Dans l'Hexagone, aux Peugeot iOn et Citroën C-Zéro viendront s'ajouter l'utilitaire Renault Kangoo ZE, lancé récemment, puis la berline Zoé au second semestre. Parallèlement, le service d'autopartage francilien Autolib, lancé officiellement au début du mois par le groupe Bolloré, devrait monter en puissance pour atteindre 3.000 véhicules fin 2012, contre 250 attendus d'ici la fin de cette année. 
Les constructeurs étrangers ne seront pas en reste, avec notamment la Leaf de Nissan, la Mini de BMW et les Chevrolet Volt et Opel Ampera de General Motors. Renault estime que la voiture électrique captera 10% du marché d'ici 2020. PSA penche plutôt pour 5%, mais ce dernier mise aussi parallèlement sur l'hybride, une technologie mixte qui permet également de rouler à faible vitesse en mode purement électrique.