Le Louvre s'illumine de diodes électroluminescentes

ENERGIE Le musée parisien va réduire sa consommation d'électricité de 73% grâce aux LED...

Audrey Chauvet

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La cour Napoléon et la pyramide du Louvre, illuminées par un nouveau système de diodes électroluminescentes, le 6 décembre 2011.
La cour Napoléon et la pyramide du Louvre, illuminées par un nouveau système de diodes électroluminescentes, le 6 décembre 2011. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Le compte à rebours a démarré à 19h mardi soir, dans la cour Napoléon. Devant les yeux du directeur du musée du Louvre, Henri Loyrette, ainsi que du président et des équipes de Toshiba, la cour principale et la pyramide du Louvre se sont élégamment illuminées, parées d’un nouveau système d’éclairage entièrement réalisé en diodes électroluminescentes (ou LED). Réalisée par l’entreprise japonaise Toshiba, cette installation permettra au Louvre d’économiser 73% d’électricité par rapport aux anciennes lampes.

Des lumières spéciales pour un palais extraordinaire

Spécialement conçu pour le Louvre, ce nouvel éclairage «permettra de mieux apprécier les détails des sculptures sur les façades», promet Henri Loyrette. Pour cela, il a fallu que Toshiba se plie aux nombreuses contraintes posées par le musée. «Il nous fallait un rendu de couleur dans les tons rose-jaune, explique Sophie Lemonnier, directrice de l’architecture au Louvre. Habituellement, les LED ont une lumière blanche, il a donc fallu baisser leur température.» Seconde exigence du musée parisien, «il fallait que les luminaires soient les plus fins possible, pas plus de quatre centimètres de hauteur, et que la diffusion de la lumière soit homogène» pour s’intégrer harmonieusement sur les façades et mettre en valeur leur relief, poursuit Sophie Lemonnier.

Un défi auquel Toshiba s’est attelé comme à un projet de recherche et développement. «Une personne à Paris était en contact constant avec le musée, explique Philippe Delahaye, président de Toshiba France. Il fallait combiner technologie et point de vue architectural, c’était une première pour nous.» Pour atteindre les caractéristiques demandées, Toshiba a utilisé des technologies réservées habituellement aux téléviseurs: «Ça nous a fait progresser d’un point de vue technique», assure Philippe Delahaye.

La cour carrée sera en-LED-ie fin 2013

Quant au Louvre, il est ravi de pouvoir contribuer à préserver l’environnement en économisant de l’énergie et surtout de l’argent: «Les LED vont diviser par quatre notre consommation d’électricité et nous faire économiser 36.000 euros par an», chiffre Sophie Lemonnier, qui ne veut pas raisonner en termes d’amortissement financier du coût de l’installation des LED. «Notre éclairage était défectueux, il fallait le rénover, et cela va dans la voie du développement écologique», assure-t-elle. «Ce sont des équipements qui demandent peu de maintenance, sur des installations en hauteur ce n’est pas négligeable», ajoute Philippe Delahaye, dont les équipes continueront à travailler main dans la main avec le musée jusqu’à la fin de l’installation complète des éclairages, fin 2013.