Internet, une bouffée d'air pour les Chinois révoltés par la pollution?

ENVIRONNEMENT Les Chinois exaspérés par la pollution trouvent un moyen d'expression grâce au microblogging...

Audrey Chauvet

— 

Pollution sur Pékin, le 29 octobre 2011.
Pollution sur Pékin, le 29 octobre 2011. — © Jason Lee / Reuters

«Encore un jour enfumé à Pékin. J'ai mis un masque ce matin. J'ignore quelle est mon espérance de vie en respirant tout le temps cet air nocif.» «Je suis épuisé. Tout cela à cause de cet épais brouillard.» Voilà le genre de messages que l’on peut lire sur Internet, postés par des Chinois exaspérés par la pollution atmosphérique qui touche fortement la capitale, Pékin, depuis quelques jours. Le Twitter chinois, Sina Weibo, débordait mardi de messages sur la pollution: près de 4,4 millions sur ce sujet, tandis que les ventes de masques filtrants pour ne pas respirer l’air pollué atteignaient des records le week-end dernier avec près de 30.000 masques vendus en une seule journée.

La censure moins rapide que les retweets

Le microblogging a du succès en Chine et a permis en septembre dernier de rassembler des centaines de manifestants devant une usine de panneaux solaires accusée de rejeter des niveaux excessifs de fluorore dans l’environnement. «Le gouvernement a vite réagi en ordonnant l'arrêt de la production par peur que les informations sur les manifestations se répandent encore davantage sur Weibo, étant donné le contrôle sur les médias traditionnels», avait alors expliqué Wong Yiu-chung, professeur de sciences politiques à l'université Lingnan de Hong Kong à l'AFP. Pour Zhang Zhi'an, enseignant en communication à l'université Zhongshan de Canton, les microblogs «ont joué un rôle important en fédérant les opinions du public».

La censure de l’Internet chinois semble plus difficile sur les réseaux de microblogging. Même si les censeurs les surveillent de près, ils ne vont pas assez vite pour enrayer la diffusion des messages.  Des internautes accusés d’avoir propagé des «rumeurs» sur la Toile ont déjà été arrêtés, mais la protestation contre les ravages environnementaux elle, n’en est qu’à ses débuts.