Pékin: "dangereuse" pollution atmosphérique, des centaines de vols annulés

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Des centaines de vols ont été annulés en 24 heures à Pékin, officiellement en raison du "brouillard", tandis que le niveau de pollution atmosphérique était qualifié de "dangereux" par l'ambassade des Etats-Unis.
Des centaines de vols ont été annulés en 24 heures à Pékin, officiellement en raison du "brouillard", tandis que le niveau de pollution atmosphérique était qualifié de "dangereux" par l'ambassade des Etats-Unis. — Liu Jin afp.com

Des centaines de vols ont été annulés en 24 heures à Pékin, officiellement en raison du "brouillard", tandis que le niveau de pollution atmosphérique était qualifié de "dangereux" par l'ambassade des Etats-Unis.

Ce stade "dangereux" est le pire niveau de l'indice mis à jour en temps réel par l'ambassade des Etats-Unis dans la capitale, qui calcule de façon indépendante le degré de qualité de l'air, la municipalité étant suspectée de sous-estimer la dangerosité de la pollution.

Un total de 233 vols intérieurs et 17 vols internationaux avaient été annulés lundi en milieu d'après-midi, a indiqué l'aéroport international de Pékin sur son site internet. Près de 400 vols avaient dû être annulés dimanche, selon la télévision d'Etat CCTV.

Des milliers de passagers étaient bloqués lundi dans le hall de l'aéroport, deuxième plus fréquenté au monde, a constaté l'AFP.

Le relevé le plus récent du Bureau national de l'environnement mentionnait lui une "légère pollution" à Pékin. Les informations de cet organisme officiel ont récemment fait l'objet de railleries des internautes chinois.

L'épais nuage grisâtre recouvrant la capitale chinoise a aussi entraîné lundi matin la fermeture des principaux axes routiers qui la relient au nord de la Chine.

"La combustion de charbon est la cause principale de ces jours de brouillard gris que Pékin enregistre", a déclaré à l'AFP Zhou Rong, experte en pollution de l'organisation écologiste Greenpeace Chine.

"Ces dix dernières années, la Chine a plus que multiplié par deux sa consommation de charbon, donc il y a de plus en plus de suie dans l'air, ainsi que des polluants associés comme du dioxyde de soufre ou de l'oxyde nitreux", a-t-elle précisé.

Confronté à la mobilisation croissante des Chinois contre la pollution, le gouvernement a récemment promis d'amender les normes d'évaluation en vigueur, en rendant publiques les concentrations de particules fines PM2,5 (d'un diamètre égal ou inférieur à 2,5 microns), et non plus comme aujourd'hui les particules PM10.

Les PM2,5 peuvent pénétrer jusqu'aux alvéoles pulmonaires et migrer dans le sang. La réforme pourrait intervenir seulement en 2016.

Selon le quotidien China Daily, seulement 20% des villes chinoises auraient une qualité de l'air acceptable si ces particules étaient prises en compte, contre 80% actuellement.

En plus des nombreuses centrales thermiques à charbon, la pollution à Pékin est alimentée par les industries dans la conurbation et la circulation automobile. Un total de 240.000 voitures supplémentaires arrivent cette année dans les rues de la mégalopole, où il en circule déjà cinq millions.