Des castors menacent la construction d'un pont à Lyon

ANIMAUX Les castors résidant sur les berges du Rhône sont en train de perturber un important projet de pont qui doit enjamber le fleuve au sud de Lyon...

avec Reuters

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Un castor construisant un barrage.
Un castor construisant un barrage. — Rue Leonard Lee/SUPERSTOCK/SIPA

Alors que les travaux du pont Raymond Barre à Lyon, prévu pour mesurer 260 mètres et permettre la liaison en tramway des quartiers de la Confluence et de Gerland via le fleuve, doivent démarrer en avril prochain, les castors installés sur la zone de construction ont trouvé le soutien des défenseurs de l'environnement.  La direction du Sytral (Autorité organisatrice des transports en commun lyonnais) vient de recevoir un courrier de l'ONCFS (l'Office national de la chasse et de la faune sauvage) lui demandant des comptes sur la manière dont elle envisage de traiter les castors, espèce protégée, le temps du chantier qui doit durer près d'un an. 

«On pourrait perdre un an sur le calendrier des travaux»

«L'existence des castors a été bien identifiée dans cette zone», explique Axel Sabouret, chef du projet de l'extension du tramway, en précisant que ce rongeur prolifère tout le long du fleuve y compris dans sa traversée du centre ville de Lyon, et qu'à cet endroit précis, il ne niche pas mais ne fait que passer.  «Nous avons pris des précautions, nous avons préconisé un déboisement intelligent, c'est-à-dire minimum sur la zone de 70 mètres où le pont doit atterrir», précise-t-il. Les responsables du projet s'engagent aussi, le temps des travaux, à mettre en place un dispositif interdisant aux castors de pénétrer sur le chantier, ainsi qu'un tunnel leur permettant de le traverser sans dommage.

Mais le castor est une espèce protégé.  Le dossier, présenté à la Frapna, à la Ligue de protection des oiseaux, au service d'écologie urbaine de la ville de Lyon, mais aussi à la Dreal (Direction régionale de l'environnement) semblait convenir à tout le monde, quand l'ONCFS s'est manifesté pour demander des compléments d'information. «On pourrait perdre un an sur le calendrier des travaux», estime Axel Sabouret en envisageant un avis défavorable de l'office. Il se veut pourtant optimiste: «On a pris cette affaire au sérieux et fait très attention à ne pas dégrader l'environnement, l'impact sera négligeable».  De la même façon, les castors avaient bloqué la construction d'un pont à Dresde, en Allemagne,en 2010 et coûté à la ville son inscription au patrimoine mondial de l'Unesco.