Alsace: Des déchets chimiques à ciel ouvert dans deux villages frontaliers

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Des déchets contaminés issus de l'industrie chimique bâloise ont été déposés en 1972 dans des chemins situés sur deux communes françaises proches de la frontière suisse
Des déchets contaminés issus de l'industrie chimique bâloise ont été déposés en 1972 dans des chemins situés sur deux communes françaises proches de la frontière suisse — Fabrice Coffrini afp.com

Des déchets contaminés ont été déposés en 1972 par une entreprise chimique française dans des chemins situés sur deux communes proches de la frontière suisse, a-t-on appris mercredi auprès de l'association écologique suisse Pingwinplanet.

Selon les membres de cette association, créée en 2010, du béton et du gravier contaminés avec un puissant insecticide ont été déversés sur des chemins des communes de Hagenthal-le-Haut et Hagenthal-le-Bas (Haut-Rhin), situées à moins de 10 kilomètres à vol d'oiseau de Bâle (Suisse), où sont basées de nombreuses industries chimiques et pharmaceutiques.

Demandes d'analyses

"Les autorités françaises connaissent l'existence de ce gravier contaminé de Hagenthal depuis 1972. Elles n'ont pris aucune mesure", affirme Pingwinplanet dans un communiqué en dénonçant des "conséquences fatales" pour la population, la faune, la flore et le ruisseau tout proche, le Lertzbach.

"Ces déchets chimiques sont issus de la production de lindane, un insecticide aujourd'hui interdit, par l'ancienne entreprise Ugine Kuhlmann", poursuit l'association écologiste qui souhaite "l'évacuation immédiate" de ces déchets.

Le maire de Hagenthal-le-Bas, François Gasser, a souligné qu'il n'était pas au courant de ces dépôts.

Pas de réponse de la préfecture

"Le maire de l'époque est décédé", a déclaré M. Gasser à l'AFP. "Cette association a lancé cette information dans les médias sans même me prévenir, je n'apprécie pas du tout. Dès que j'ai appris cela mardi j'ai contacté la sous-préfète de Mulhouse (Haut-Rhin) et ce (mercredi) matin je lui ai envoyé les dossiers, ainsi qu'à la préfecture à Colmar".

"J'attends des analyses de l'Etat français et si c'est dangereux je pousserai bien sûr pour que ce soit enlevé. Mais les chemins touchés sur ma commune appartiennent à des privés: la commune ne va pas investir quoi que ce soit pour enlever ça", a-t-il ajouté.

L'entreprise française Ugine Kuhlmann, à l'origine de ces rejets toxiques, a aujourd'hui disparu. Selon Pingwinplanet, "après une série d'acquisitions et de fusions, la responsabilité éthique de cette contamination incombe aujourd'hui au groupe Rio Tinto". Contactée, la préfecture du Haut-Rhin n'a pas souhaité réagir.