Climat: L'Organisation météorologique mondiale tire la sonnette d'alarme

CLIMAT Les quinze dernières années ont connu des records de température et 2011 sera parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées...

A.C. avec Reuters

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Greenpeace illustre les dangers du réchauffement climatique en immergeant les monuments célèbres du monde, à Cancun, le 8 décembre 2010.
Greenpeace illustre les dangers du réchauffement climatique en immergeant les monuments célèbres du monde, à Cancun, le 8 décembre 2010. — Eduardo Verdugo/AP/SIPA

La planète continue de se réchauffer et 2011 comptera parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées, ont indiqué mardi les Nations unies dans un nouveau rapport publié alors que les délégués de près de 200 pays sont réunis depuis lundi à Durban dans le cadre du sommet annuel sur le climat. Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), les treize années les plus chaudes dans le monde ont été enregistrées depuis 1997, année de la conclusion du protocole de Kyoto.

Le climat 2011 marqué par la Nina

La hausse des températures a d'ores et déjà favorisé des conditions climatiques extrêmes, qui accroissent l'intensité des sécheresses et de précipitations ici et là à travers le monde, lit-on dans le rapport.  «Notre expertise est solide et prouve sans aucune ambiguïté que le monde se réchauffe, et que ce phénomène est dû aux activités de l'homme», a déclaré le secrétaire général adjoint de l'OMM, Jerry Lengoasa.

Cette année, le climat de la planète a été fortement sous l'influence du phénomène climatique appelé La Nina - généralement associé à une météo extrême dans la région Asie-Pacifique mais aussi en Amérique du Sud et en Afrique.  La Nina est apparue de manière inattendue dans la zone tropicale du Pacifique au second semestre 2010 et est associée de près à la sécheresse constatée en Afrique de l'Est et aux Etats-Unis, ainsi qu'à de graves inondations dans d'autres régions du monde.

Les gaz à effet de serre ont atteint un niveau record

Autre mauvaise nouvelle, «les concentrations de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère ont atteint un nouveau niveau record», a expliqué le secrétaire général de l'OMM, Michel Jarraud. «Ils se rapprochent rapidement d'un niveau entraînant une hausse de 2 à 2,4° Celsius de la température moyenne mondiale, hausse qui, selon la communauté scientifique, pourrait déclencher des modifications de grande ampleur et irréversibles sur notre Terre, dans sa biosphère et dans les océans», a prévenu Michel Jarraud.

Des scientifiques des Nations unies ont averti ce mois-ci dans un autre rapport qu'une augmentation du nombre de canicules était quasi certaine à travers le monde, et que le réchauffement s'accompagnerait vraisemblablement d'un surcroît d'inondations, de cyclones plus puissants et de coulées de boues plus nombreuses, mais aussi de sécheresses plus intenses.

L'Organisation de coopération de développement économiques (OCDE) estime pour sa part que la moyenne des températures mondiales pourrait augmenter de 3 à 6° Celsius d'ici la fin du XXIe siècle, si les Etats ne freinent pas le niveau d'émissions de GES. La fonte des glaciers et la hausse du niveau des mers s'accompagneront de destructions sans précédent et certains micro-Etats insulaires risquent de disparaître, ajoute l'OCDE.