Vinci et la Société Générale sont «récompensés» d'un prix Pinocchio

ENVIRONNEMENT Ce prix décerné par les Amis de la Terre dénonce les entreprises qui mènent des activités nuisibles à l'environnement...

A.C.

— 

Le développement durable, ce n’est pas ceux qui en parlent le plus qui le pratiquent le plus souvent. Pour dénoncer les décalages entre les discours des entreprises et leurs activités réelles, l’ONG Les Amis de la Terre organise décerne depuis trois ans les «prix Pinocchio». Les quelque 13.000 internautes qui ont voté pour l’édition 2011 ont «récompensé» le constructeur Vinci et la banque Société Générale.

Vinci «plus vert que vert», la Société Générale «mains sales et poches pleines»

Lauréat de la catégorie «Plus vert que vert», le groupe Vinci a recueilli 43% des votes pour ses intentions de «verdissement» du futur aéroport nantais de Notre-Dame-des-Landes. «Afin de compenser la destruction massive de terres agricoles, Vinci se contente de créer un observatoire agricole, une ferme de démonstration en face des parkings et une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne)», dénoncent Les Amis de la Terre. 

«Mains sales, poches pleines», c’est le nom explicite de la catégorie dans laquelle s’illustre la Société Générale. Avec 45% des votes, la banque française est récompensée pour «son rôle de premier ordre dans le financement de la construction du réacteur nucléaire Angra 3 au Brésil, mené par Areva et très éloigné des conditions de sécurité du secteur», expliquent Les Amis de la Terre.

Enfin, avec 41% des votes, le groupe agro-industriel Tereos, spécialisé dans le sucre,  gagne le prix «Une pour tous, tout pour moi». Selon Les Amis de la Terre, l’entreprise française détient près de 100.000 hectares de terres cultivables au Mozambique «qu'elle transforme en monocultures énergétiques, confisquant ainsi des terres agricoles fertiles aux populations locales».

Pour un encadrement contraignant des entreprises

«Trop de populations au Sud sont toujours victimes des pratiques des multinationales et de leurs filiales, explique Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale du CRID (Centre de Recherche et d'Information sur le Développement). Il est urgent d'obtenir la responsabilité de ces entreprises et la réparation pour les victimes.» Pour Romain Porcheron, chargé de campagne sur la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre, «les pouvoirs publics français et européens se refusent encore à encadrer de façon contraignante les activités de ces entreprises. L'approche purement volontaire de la responsabilité de ces sociétés a depuis longtemps montré sa totale inefficacité ». L’association espère que l’attribution des prix Pinocchio contribuera à faire bouger les entreprises ainsi montrées du doigt.