Le ministère de l'Environnement grec veut renflouer les caisses de l'Etat

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La loi récente de régularisation des constructions illégales adoptée en Grèce est censée aussi marquer la fin du bétonnage des côtes et des forêts, selon le ministère de l'Environnement, qui fait assaut d'imagination pour remplir les caisses vides de l'Etat.
La loi récente de régularisation des constructions illégales adoptée en Grèce est censée aussi marquer la fin du bétonnage des côtes et des forêts, selon le ministère de l'Environnement, qui fait assaut d'imagination pour remplir les caisses vides de l'Etat. — Louisa Gouliamaki afp.com

La loi récente de régularisation des constructions illégales adoptée en Grèce est censée aussi marquer la fin du bétonnage des côtes et des forêts, selon le ministère de l'Environnement, qui fait assaut d'imagination pour remplir les caisses vides de l'Etat. La réforme prévoit la régularisation pour 30 ans des constructions illégales datant d'après 1955 via le paiement d'une amende forfaitaire. A titre d'exemple, les propriétaires d'une résidence secondaire comptant 100m2 illégaux devront payer de 9.000 à 36.720 euros selon les zones, l'âge du bâtiment -avec de fortes ristournes pour ceux datant d'avant 1983- et la nature des infractions. Le paiement de l'amende pourra être étalé sur plusieurs mois.

En contrepartie de cette régularisation -- qui ne dit pas son nom car la Constitution l'interdit -- de nouvelles règles sont instaurées pour empêcher de futures constructions illégales et permettre la démolition des bâtiments construits sur le foncier public, les forêts, les sites archéologiques et les rivages. Selon le ministère grec de l'Environnement, cette amnistie vise à tracer «une ligne rouge» avec les pratiques passées. Une partie des amendes récoltées doivent aller à la principale caisse de sécurité sociale, le reste à un «fonds vert» pour financer notamment les démolitions car les bâtiments construits dans des zones naturelles protégées ne pourront pas bénéficier de l'amnistie.

Le soleil grec exporté en Allemagne

Cette loi n'est pas la première à s'attaquer au problème des constructions illégales sur le territoire grec et plusieurs organisations écologistes ont rappelé que les précédentes réformes étaient restées lettre morte. Ces organisations critiquent une loi ne visant qu'à remplir les caisses de l'Etat, à l'image d'autres initiatives prises récemment par le ministère de l'environnement comme la vente de quotas européens de CO2 à la bourse d'Athènes. La première transaction en juin a permis d'engranger 139 millions d'euros.

La Grèce est même prête à vendre son soleil à une Allemagne en quête d'énergie, compte tenu du prochain abandon de la production d'énergie nucléaire. Plusieurs rencontres sur ce sujet ont eu lieu ces derniers mois entre Athènes et Berlin qui a même évoqué un projet d'installation en Grèce de parcs solaires de 20.000 hectares destinés à l'exportation vers l'Allemagne.