Des traces d'iode-131 radioactif détectées dans l'air français

RADIOACTIVITE Des niveaux inhabituels d'iode radioactif ont été détectés dans le nord de la France, mais on ignore leur origine...

Audrey Chauvet

— 

Une balise de détection de la radioactivité de l'IRSN.
Une balise de détection de la radioactivité de l'IRSN. — AFP PHOTO BERTRAND LANGLOIS

Après l’Europe centrale, la France. La semaine dernière, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) annonçait que des niveaux «très bas» d'iode-131 radioactif avaient été détectés en République tchèque ainsi que dans d'autres pays européens, tout en précisant que ces particules ne constituaient pas de risque pour la santé publique. Mardi, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) faisait état à son tour de la présence «inhabituelle» de particules d’iode-131 dans le nord de la France.

Quatre stations de mesures de l’IRSN (Orsay, Charleville-Mézières, Bure et Le Vésinet) ont permis de mesurer des niveaux de concentration «sans aucun risque pour la santé des populations», mais indiquant des «rejets radioactifs anormaux dans l’atmosphère». Les niveaux les plus élevés (5,7 μBq/m3 à Charleville-Mézières, 4,9 μBq/m3 à Orsay et 12 μBq/m3 au Vésinet) ont été relevés les 9 et 10 novembre.

Le 15 novembre à midi, le laboratoire de mesures de la Criirad n’a pour sa part relevé aucune contamination supérieure à la limite de détection (0,02 milliBecquerels par m3) dans ses stations de mesure de la Drôme, du Vaucluse ou de l’Isère. Le laboratoire reste cependant en vigilance renforcée.

La piste de Fukushima exclue

La pollution de l’air par l’iode-131 aurait eu lieu entre le 7 et le 10 novembre et aurait la même origine que celle qui a touché la République tchèque, la Hongrie et l’Allemagne la semaine dernière. Toutefois, l’IRSN ne se prononce pas encore sur l’origine de ces rejets radioactifs. «Ces rejets peuvent résulter soit d’une activité de production ou d’utilisation d’iode 131 à des fins médicales, soit d’un réacteur nucléaire de production d’électricité ou de recherche», précise l’IRSN dans un communiqué.

«On a évoqué un problème dans une centrale slovaque, commente Roland Desbordes, président de la Criirad, mais les autorités assurent qu’il ne s’est rien passé.»  La piste d’une centrale nucléaire est exclue par l’Autorité de sécurité nucléaire tchèque, qui a déclaré vendredi dernier que l’iode détecté pourrait plus probablement provenir d’une fuite survenue lors de la production de médicaments qui émettent des ondes radioactives. Le ministère allemand de l’Environnement a également déclaré qu’il était «exclu que la radioactivité puisse provenir d’une centrale nucléaire».

Seule certitude: ces niveaux d’iode n’ont rien à voir avec Fukushima. «En avril, nous avons relevé des niveaux élevés d’iode-131, qui provenait de Fukushima, explique Roland Desbordes. Mais l’iode n’ayant qu’une durée de vie de huit jours, il a maintenant disparu.» Si l’iode mesuré en novembre provenait du Japon, ce serait le résultat «d’un rejet important» qui aurait donné lieu «à des détections plus précoces et à des niveaux plus importants au Japon», affirme l’IRSN. Les concentrations mesurées ces derniers jours par l’IRSN sont environ cent fois plus faibles que celles relevées après l’accident de Fukushima.