Le Japon ouvre les portes de la centrale de Fukushima à la presse

NUCLEAIRE Des journalistes, en majorité japonais, ont pu pénétrer dans la centrale de Fukushima...

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Les autorités japonaises ont ouvert samedi les portes de la centrale nucléaire de Fukushima à un groupe de journalistes pour la première fois depuis le tsunami du 11 mars, voulant ainsi prouver que l'accident nucléaire est désormais sous contrôle.
Les autorités japonaises ont ouvert samedi les portes de la centrale nucléaire de Fukushima à un groupe de journalistes pour la première fois depuis le tsunami du 11 mars, voulant ainsi prouver que l'accident nucléaire est désormais sous contrôle. — David Guttenfelder afp.com

Les autorités japonaises ont ouvert samedi les portes de la centrale nucléaire de Fukushima à un groupe de journalistes pour la première fois depuis le tsunami du 11 mars, voulant ainsi prouver que l'accident nucléaire est désormais sous contrôle. Vêtus de combinaisons intégrales antiradiations, le visage protégé par un masque respiratoire, munis de deux paires de gants, une trentaine de reporters, dont quatre représentants de médias étrangers, ont été conduits à bord de deux autobus jusqu'au site atomique.

Après avoir traversé les villes fantômes situées dans la zone interdite des 20 kilomètres, vidées de leurs habitants après l'accident, les journalistes ont constaté que le niveau de radioactivité était déjà de 20 microsieverts par heure aux portes de la centrale. A mesure que les véhicules s'approchaient des réacteurs, le niveau est monté rapidement, atteignant même au coeur d'une forêt de pins le record de 1.000 microsieverts, soit un millisievert par heure, ce qui correspond à la dose annuelle maximale imposée en temps normal au Japon et dans la plupart des pays. Un journaliste a raconté que le bâtiment abritant le réacteur numéro 3 était le plus endommagé, avec tout autour des carcasses de camions, des barrières métalliques tordues et des réservoirs d'eau éventrés.

Le démantèlement de toutes les installations prendrait encore au moins 30 ans

Le 11 mars, le tsunami géant, provoqué par un séisme de magnitude 9 près des côtes du nord-est du Japon, a submergé la centrale, interrompant les circuits de refroidissement et noyant les générateurs de secours. Le combustible stocké dans trois des six réacteurs et dans la piscine de refroidissement du réacteur numéro 4 a alors commencé à chauffer dangereusement, au point de fusionner, en provoquant des explosions. Après avoir arrosé jour et nuit, d'abord avec de l'eau de mer, puis de l'eau douce, les réacteurs, les ouvriers et techniciens ont pu stopper le processus infernal et parvenir après de longs mois à stabiliser la température du combustible.

L'opérateur du site, Tokyo Electric Power (Tepco) espère parvenir à «l'arrêt à froid» des réacteurs, c'est-à-dire au maintien du combustible sous les 100°C d'ici le mois prochain. Le ministre de l'Environnement, chargé de la gestion de l'accident de Fukushima, Goshi Hosono, vêtu d'un bleu de travail, s'est dit confiant samedi, mais a souligné que le démantèlement de toutes les installations prendrait encore au moins 30 ans. Parlant devant les ouvriers, il a rappelé qu'il s'agissait de sa quatrième visite à la centrale depuis mai. «A chaque fois que je reviens, je sens que les conditions se sont améliorées. C'est grâce à votre dur labeur», a-t-il dit. Tepco a expliqué aux journalistes que quelque 3.200 personnes travaillent en semaine à la centrale, la moitié pendant le week-end.

«On n'est pas encore dans la situation où n'importe qui peut y aller.»

Le séisme et le tsunami ont fait près de 20.000 morts et disparus sur la côte, mais l'accident de Fukushima, la plus grave catastrophe nucléaire depuis celle de Tchernobyl il y a 25 ans, n'a fait jusqu'à présent aucun mort. Il a en revanche entraîné l'évacuation de plusieurs dizaines de milliers d'habitants et gravement pollué l'air, le sol et l'océan, avec des conséquences à long terme sur la chaîne alimentaire.

Le directeur de Fukushima Daiichi, Masao Yoshida, a affirmé que la situation était désormais sous contrôle. «D'après les relevés à la centrale que j'ai vus, il n'y a aucun doute que les réacteurs sont stabilisés», a-t-il dit aux journalistes. Le responsable de la centrale a toutefois reconnu qu'il y avait encore du danger. «C'est encore dangereux d'y travailler. On est parvenu au niveau où on peut aller sur place, mais on n'est pas encore dans la situation où n'importe qui peut y aller.»