Les produits bio 58% plus chers que les produits conventionnels

CONSO Une enquête dans cinq enseignes de grande distribution montre des écarts de prix encore importants mais qui se sont réduits depuis 2009...

A.C.

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Produits frais ou bios, la grande distribution se rapproche des attentes des clients.
Produits frais ou bios, la grande distribution se rapproche des attentes des clients. — f . scheiber / 20 minutes

Une étude parue dans le magazine professionnel Linéaires estime à 58% la différence de prix entre les produits bio et les produits conventionnels. Sur 1.100 prix relevés dans cinq enseignes de grande distribution, l’écart de prix, bien qu’il se soit réduit depuis 2009 de 14 points en moyenne, reste important.  «Le plus faible surcoût est relevé chez Intermarché (+ 50 %), ses rivaux flirtant tous avec les 60 %, précise l’étude. Les Mousquetaires tiennent notamment ce score d’un bon positionnement prix sur les fruits et légumes bio.»

Les supermarchés Leclerc, «deuxième vendeur de bio en France derrière Biocoop», présente le même surcoût que Géant Casino (60 % d’écart), mais Leclerc reste le moins cher sur le bio avec un panier moyen de 80 références évalué à 91,7 sur un indice de 100 représentant la moyenne des prix pratiqués dans les cinq enseignes étudiées.

Les distributeurs assis sur leur marge

Dans le panier, les plus gros écarts entre bio et conventionnel se trouvent sur la charcuterie: «Jambons, lardons fumés, rôti de porc ou terrine de campagne arborent en moyenne un prix de vente deux fois plus élevés en version bio, explique l’étude. La faute en revient au coût encore prohibitif de la matière première. L’écart de prix en linéaire atteint des sommets lorsque l’équivalent conventionnel est, en plus, bataillé en prix par les enseignes. Le porc est de loin la filière d’élevage la plus en retard sur le bio. En 2010, seules 0,5 % des truies élevées en France l’étaient selon le cahier des charges bio.»

Loin de ces excès, le choix d’Auchan de proposer des produits bio à moins d’un euro «laisse entrevoir le matelas de marges sur lequel s’assied le distributeur», conclut l’étude.