Corinne Touzet, une femme d'honneur contre la fourrure

ANIMAUX Fervente militante anti-fourrure aux côtés de l'association AFIPA, elle s'est battue pendant des années contre l'exploitation des animaux. Actuellement sur les planches pour la pièce Soif *, elle n'abandonne pas pour autant le combat...

Emilie Villeneuve

— 

L'actrice Corinne Touzet en septembre 2011.
L'actrice Corinne Touzet en septembre 2011. — NIVIERE/SIPA

Qu’est-ce qui vous a poussée à militer pour l’abolition de la fourrure?

Mes parents adorent les chiens. C’est donc très jeune que j’ai éprouvé un profond amour pour les bêtes. J’ai grandi avec eux pendant toute mon enfance et dès que je suis devenue autonome j’en ai eu. En 2003, l’AFIPA (Association française et internationale de protection animale) m’a demandé d’être sa marraine. Grâce à cette association, j’ai découvert comment les animaux étaient traités, et qu’ils étaient frappés à mort pour leur fourrure. Je savais que les bêtes souffraient, notamment dans les laboratoires, et je suivais l’activité de Brigitte Bardot mais pour l’utilisation de la fourrure et la souffrance animale de ce point de vue précis, je l’ignorais. J’ai été tellement bouleversée que j’ai eu envie de faire quelque chose, si tant est que cela soit possible.

En 2006, vous remportez une victoire: le commerce de la fourrure de chat et de chien est interdit en France. Aujourd’hui, quel est votre combat?

Malheureusement, l’association AFIPA a été mise en sommeil. Suite à notre mobilisation et à l’arrêté interministériel interdisant l’introduction, l’importation et la commercialisation de peaux, brutes ou traitées, de chiens et de chats, et des produits qui en sont issus, dans notre pays, la Belgique, la Grèce, l’Italie et le Danemark ont, eux aussi, renoncé à ces importations. Cela dit, il faut continuer le combat: aucune interdiction n’a été décrétée au niveau européen. Les acheminements de peaux doivent êtes bloqués aux frontières; il faut arrêter le commerce avec la Chine et les pays de l’Est, qui fournissent non seulement des peaux d’animaux sauvages, mais aussi d’animaux domestiques. Des milliers de chiens et de chats disparaissent chaque année, notamment en Suisse, pour être dépecés vivants. Si Brigitte Bardot, qui se bat depuis toutes ces nombreuses années, n’obtient pas ce qu’elle demande, ce n’est pas moi qui l’obtiendrai.

Pensez-vous que les mentalités changent?

Suite à notre campagne en 2006, de plus en plus de personnes ont pris consciences de ce que traversent ces animaux en terre de souffrance. Le commerce de la fourrure en a souffert d’ailleurs, malgré le lobby des fourreurs. Personne de mon entourage ne porte de fourrure. Même ma fille a battu la campagne dans son école! Le combat quotidien passe aussi par la parole, il n’y a pas que de passer à la télévision qui compte.

La fourrure est-elle toujours synonyme de luxe?

Porter de la fourrure est ringard et débile! Aujourd’hui, il existe des matières extraordinaires et bien plus chaudes, comme la polaire. L’élégance peut aussi venir de la coupe d’un manteau qui va être dans une très belle laine par exemple. La fourrure est ostentatoire. Toutes ces dames qui en arborent devraient regarder les vidéos de ces animaux accrochés par les pattes et dépecés vivants. Lorsque je les ai visionnées, il m’a fallu des jours pour m’en remettre! Il faudrait diffuser des campagnes plus violentes. Voir des jolies filles qui défilent dans une marre de sang, c’est une représentation très belle et très forte mais c’est insuffisant. On doit accepter ces clichés qui dérangent. On doit pouvoir les regarder car c’est l’Homme qui est capable de faire tout ce mal.

* Au Théâtre du Petit Saint-Martin, à Paris, pour la pièce Soif, jusqu’au 26 novembre.

 La fourrure, ils veulent sa peau !