«Dans les années 1970, la météo à la télé n'intéressait personne»

FORUM A l'occasion du Forum de la météo et du climat, qui s'ouvre samedi 1er octobre à Paris, 20 Minutes revient sur l'histoire du bulletin météo à la télévision. Guy Larivière, l'un des tout premiers présentateurs, retrace cette aventure...

Mickaël Bosredon

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Guy Larivière en 1973. Le présentateur météo n'avait pas le droit à l'époque de parler d'anticyclones et de dépressions à l'antenne, des mots "barbares"
Guy Larivière en 1973. Le présentateur météo n'avait pas le droit à l'époque de parler d'anticyclones et de dépressions à l'antenne, des mots "barbares" — Météo-France

C’est l’un des «pionniers» de la présentation météo en France. Guy Larivière a commencé sa carrière en 1970, sur la deuxième chaîne de l’ORTF. Même si le tout premier bulletin remonte à 1946, c’est dans les années 70 que la météo va s’imposer, tout doucement, à l’antenne.

Monsieur Météo, Guy Larivière, sur l'antenne de l'ORTF le 6 février 1973. (Météo-France).

«A l’époque, la météo n’intéressait personne, ni les patrons des médias, ni le grand public» se souvient-il. «Il ne fallait surtout pas parler d’anticyclones ni de dépressions, c’étaient des mots barbares proscrits à l’antenne. Alors, on mettait quand même un grand «A» et un grand «D» sur nos cartes, mais seuls les initiés savaient de quoi il retournait. Pour le public il fallait montrer les symboles du soleil et de la pluie, point.»

Tracé des isobares. Le dessinateur trace à l'envers la carte bulletin météorologique d etélévision. (Météo-France).

Cet ingénieur météo de formation – seuls les professionnels présentaient la météo à l’époque- s’est accroché, «avec quelques collègues», pour continuer à vendre la météo à l’antenne. «Je faisais une présentation à 13 H.

Les premiers présentateurs météo, tous des professionnels de Météo-France, se sont battus pour imposer le bulletin à l'antenne. (Météo-France)

A une époque c’était quotidien, puis c’est redevenu hebdomadaire, pour repasser au quotidien. C’était assez chaotique. Je crois bien que les seuls qui nous regardaient fidèlement, c’étaient les agriculteurs. Parallèlement il y avait la diffusion de cartes, que nous préparions, et qui étaient commentées par des speakrines.»

A partir de 1978, les premiers journalistes arrivent à l’antenne pour présenter la météo. « Nous avons cohabité durant quatre ans, avant que le métier ne soit plus exclusivement réservé qu’aux journalistes de profession. Aujourd’hui, il n’y en a qu’un qui a une formation d’ingénieur météo, c’est Louis Bodin sur TF1. Nous ne faisions pas le poids, ils étaient bien meilleurs que nous dans la présentation, et leur arrivée a permis d’intéresser de plus en plus de monde au bulletin.»

L’amélioration des technologies, et des images satellites aussi. «Je regarde toujours la météo aujourd’hui, bien sûr. Cela me fait sourire de voir aujourd’hui qu'on n’a plus peur de parler d’anticyclones et de dépression, de retour de front, etc… Parfois, c’est même un peu trop! Mais c’est une bonne chose, c’est exactement ce qu’on aurait voulu faire à l’époque.»

A voir: la vidéo de la naissance du bulletin météo à la télévision, en 1954:

 

 

Forum météo et climat, du 1er au 5 octobre, Palais de la découverte à Paris. www.smf.asso.fr