La gestion raisonnée de la forêt française s'affiche avec le label PEFC

FORETS Le label PEFC, apposé sur près de 80% des forêts publiques françaises, a repris les principes de la gestion «durable» de la forêt appliqués depuis longtemps en France...

Audrey Chauvet
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Une parcelle de régénération en forêt d'Orléans, dans le massif d'Ingrannes, le 22 septembre 2011.
Une parcelle de régénération en forêt d'Orléans, dans le massif d'Ingrannes, le 22 septembre 2011. — A.Chauvet - 20 Minutes

Déforestation, pression agricole et coupes à blanc? Connais pas. Contrairement à la forêt tropicale, qui se réduit d’année en année, la forêt française est en pleine croissance: selon l’Inventaire forestier national (IFN), elle représente aujourd’hui près de 16 millions d’hectares en métropole, soit plus du quart du territoire, et s’accroît depuis trente ans avec les terres délaissées par l’agriculture mais aussi grâce à la gestion «durable» des massifs, une pratique ancestrale de «bon sens» qui a permis de léguer une ressource presque intacte aux 3,5 millions de propriétaires privés français.

Aujourd’hui, des labels estampillent cette gestion raisonnée afin de rassurer le consommateur sur l’origine de ses meubles, de son parquet, de son bois de chauffage ou de ses ramettes de papier. En France, 5 millions d’hectares sont ainsi certifiés PEFC, un label créé en 1999, quelques années après son concurrent FSC.

La forêt d’Orléans, 100% PEFC

A une centaine de kilomètres de Paris, la forêt domaniale d’Orléans est entièrement labellisée PEFC depuis 2003. «Cela a permis de généraliser les pratiques grâce auxquelles on a restauré les 24.000 hectares de forêt très abimée léguée à l’Office national des forêts (ONF) en 1848, pour arriver aux 35.000 hectares actuels», explique Paul Sansot, responsable environnement à la Direction territoriale Centre –Ouest de l’ONF.

«La forêt a trois fonctions, explique-t-il. Produire du bois, conserver les espèces et accueillir le public.» Pour concilier ces trois objectifs, la forêt d’Orléans est gérée «en futaie régulière», c’est-à-dire par parcelles d’âges différents. «Ici, on gère le chêne sur 180 à 200 ans par tranches de 10 ans, poursuit Paul Sansot. Au-delà, des îlots de vieillissement permettent de conserver les arbres en fin de vie et des parcelles de régénération assurent la relève.» Vieux arbres mourants côtoient jeunes pousses de l’année jusqu’à ce que l’avenir de la parcelle soit assuré.

Gérer «durablement» la forêt  pour assurer la pérennité économique

Sur ses 300 hectares en bordure de la forêt domaniale, Alain de Courcy pratique également la régénération naturelle. Pour ce propriétaire privé labellisé PEFC,  maintenir le milieu naturel voire l’améliorer est une nécessité pour assurer la pérennité de l’exploitation: «Nous sommes dans une forêt de production, donc nous avons un but économique avec les contraintes d’un milieu naturel», explique Alain de Courcy. Interdiction des feux pour éliminer les rémanents et prise en compte de la biodiversité sont des critères importants du cahier des charges de PEFC: «On ne fait plus de travaux lourds à certaines époques sous les nids d’oiseaux», assure Alain de Courcy, qui ne se revendique pourtant pas comme un fervent défenseur des animaux.

Mais il a bien conscience que la diversité est fondamentale pour assurer la bonne santé des forêts: diversité des essences, avec des mélanges de chênes, pins, genêts, hêtres, qui se renforcent et se complètent mutuellement, diversité des traitements selon que l’on fait du petit bois de chauffage ou du bois plus noble pour l’ameublement, diversité animale gérée avec les chasseurs, et enfin diversité des zones humides et sèches. En forêt d’Orléans, l’ONF a recréé des mares qui n’ont «aucun intérêt économique mais une grande importance écologique», explique Yves Baugin, responsable de l’unité territoriale de la forêt d’Orléans à l’ONF. Dans ces milieux sensibles,  le label PEFC interdit tout traitement chimique. Ailleurs, «on ne les utilise que de manière anecdotique», assure Paul Sansot. 

Sans label, pas de débouchés?

Le bois issu de la forêt d’Orléans arbore désormais le petit arbre vert du PEFC, mais n’est pas vendu plus cher qu’un bois non certifié, assurent les revendeurs. Pour les forestiers, le label est surtout un moyen d’assurer leurs débouchés: «Ce sont plutôt les attentes des consommateurs que la conviction qui motive à passer en PEFC, reconnaît Marc-Antoine de Sèze, président de PEFC France. Bientôt, il n’y aura plus d’acheteurs de bois non certifié.»