Georges Gendelman, co-fondateur des Ateliers de la Terre
Georges Gendelman, co-fondateur des Ateliers de la Terre — Pascale Dargant

DEVELOPPEMENT DURABLE

Global Conference: Quelles révolutions pour gouverner ensemble un monde vulnérable?

C'est autour de cette vaste question que s'articule la sixième édition de la «Global Conference», du 26 au 28 septembre à Évian. Green et Vert fait le point sur les évènements qui agitent la planète avec George J. Gendelman, co-fondateur des Ateliers de la terre, cercle de réflexion à l'origine de l'événement.....

Que reste-t-il du sommet de Rio vingt ans après?

Il y a près de 20 ans, en juin 1992, le sommet de la Terre a posé à Rio de Janeiro les jalons d’un partenariat mondial pour le développement. L’objectif étant de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Mais pour George J. Gendelman, «ce qui a été décidé à Rio était bien pour l’époque mais est aujourd’hui obsolète.» L’ancien Directeur des Opérations Internationales du New York Times constate que «depuis quelques années, il y a une accélération dans la dégradation des conditions de vie.»

Résultat: la tension est montée de plusieurs crans un peu partout dans le monde et la grogne des citoyens s’est faite entendre à plusieurs reprises. D’abord, les mobilisations à l’encontre du gaz de schiste et du nucléaire avec la catastrophe de Fukushima en toile de fond. Ensuite, les révolutions arabes et le soulèvement des classes moyennes de l’Espagne, du Chili ou de l’Inde. Sans oublier le tohu-bohu financier et boursier causé, entre autres, par la note de la dette américaine dégradée… L’année 2011 est un cru exceptionnel pour les turpitudes socio-économiques et environnementales.

Pour l’essentiel, que ce soit les manifestations contre l’exploitation des sables bitumineux au Canada ou les émeutes de la faim qui ont embrasé l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie en 2008, on peut voir dans ces mouvements un point commu : le ras-le-bol face à un marché qui dicte sa loi et renforce les inégalités de toutes natures.

Jusqu’où ira l’escalade?

A en croire George J. Gendelman, la situation n’est pas prête de s’arranger si les élites politiques et économiques s’entêtent à poursuivre la navigation à vue, cette stratégie qui consiste à soulager les maux sociétaux grâce à des palliatifs ou des demi-mesures sans pour autant éradiquer les causes profondes du problème. Il n’en reste pas moins que la crise qui sévit en Grèce et menace d’autres États européens de s’écrouler avec un bruit de krach, est un signal fort en direction des dirigeants du monde entier.

À l’évidence, toujours selon le co-fondateur des Ateliers de la terre, «nous sommes à la croisée des chemins». C’est dire que le retour au calme dépendra de nos gouvernants à prendre la mesure de l’ampleur du problème et «sortir de leur zone de confort».

Internet muselé, la Bourse aux abois

Mais quand l’audace des politiciens se fait attendre, le printemps arabe a démontré qu’il y a aujourd’hui des tweets qui précipitent des libérations. D’ailleurs, si l’Egypte ou la Chine durcissent la censure du Web,  les réseaux sociaux jouent dorénavant un rôle de transmission d’informations et de motivation» souligne George J. Gendelman.

Une question fondamentale reste à poser: le milieu des finances peut-il agir en faveur du développement durable?

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