Le Fixie, nouveau roi de la rue... à deux roues

TENDANCE Le pignon fixe, utilisé par les coureurs sur piste, débarque en force en ville. A réserver aux amateurs de sensations fortes...

Sarah Nafti

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Un exemple de vélo dit Fixie
Un exemple de vélo dit Fixie — DR

Le Fixie késaco? Un vélo dépouillé du maximum de ses attributs. Et surtout, un seul pignon fixe sur la roue arrière d'où il tire son nom. Pas de vitesse et pas de mouvement en roue libre. «Quoi qu'il arrive, vous êtes obligés de pédaler», explique Stéphane H., utilisateur et passionné de Fixie. Ces vélos sont légers et rapides et les puristes vont jusqu'à retirer les deux freins. Pour s'arrêter, il faut «basculer son poids sur l'avant et bloquer la roue». Une technique qui nécessite un certain rodage «et quelques chutes».

Discipline dérivée du cyclisme sur piste, la mode urbaine est d'abord venue de New York. Les Fixies ont été utilisés par les coursiers, à la recherche de vélos rapides, légers et maniables et surtout moins l'objet de dégradations puisqu'il n'y a quasiment rien dessus. Désormais, ils font un retour remarqué en milieu urbain en France et compteraient quelques milliers d'adeptes.

Si c'est tendance, c'est aussi parce que les Fixies sont personnalisables à volonté et peuvent devenir carrément design ou vintage. N'importe qui - ou presque - peut créer son propre Fixie pour quelques centaines d'euros, en glanant ci et là un cadre, un pédalier... Les adeptes peuvent ainsi passer des heures à chercher leurs pièces sur des sites d'enchères. On les trouve aussi tout faits dans certains magasins spécialisés et sur leurs sites internet, comme bicyclestore.fr, fixie-factory.com ou encore cyclopebikes.fr.

Ces vélos sont les nouveaux rois de la street culture, au même titre que le skate des années 90.

Les utilisateurs se retrouvent en petites communautés, ils ont leurs forums, mais ce qui rend ce sport hype c'est son côté underground. «Il y a quelques clubs qui tentent de se monter, mais ça ne marche pas réellement, constate Stéphane. On est plutôt en petits groupes d'amis. Mais c'est vrai que quand on croise un autre Fixie dans la rue, on se comprend. Parce que ça n'arrive pas tant que ça.»