La Réunion: Le ton monte entre autorités et surfeurs après une nouvelle attaque de requin

PLANÈTE mmobilisme ou manque de moyens? Les deux camps s'affrontent...

Corentin Chauvel

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Un gendarme sur la plage de Boucan Canot, à Saint-Paul (La Réunion), le 20 septembre 2011.
Un gendarme sur la plage de Boucan Canot, à Saint-Paul (La Réunion), le 20 septembre 2011. — R.BOUHET / AFP

Après l’attaque de requin qui a visé lundi l’ancien champion de bodyboard Mathieu Schiller, la quatrième cette année, la tension est montée d’un cran sur l’Ile de la Réunion, autorités et surfeurs se rejetant la responsabilité de ces accidents.

Pour les surfeurs, les pouvoirs locaux ne sont pas assez actifs en matière de prévention. «Combien de temps on va attendre des solutions concrètes? En Australie et en Afrique du Sud, ça fait trente ans qu’on pratique le balisage de requins. Nous, ici, en 2011, on n’a rien pour la prévention», déplore ce mardi Amaury Lavernhe, champion du monde de surf, dans le Journal de l’Ile de la Réunion.

Selon les «riders», les solutions, citées par le quotidien, sont pourtant légion: «autoriser la pêche préventive des prédateurs, ouvrir la Réserve marine, placer des drum lines le long des spots, recourir à des balises pour tracer l’animal».

La maire de Saint-Paul traitée d’«assassin»

Mais, côté autorités, la question budgétaire fait immédiatement son apparition. «La commune n’a pas les moyens d’installer des filets et les moyens des secours municipaux sont dérisoires», a répliqué aux surfeurs Huguette Bello, députée-maire de Saint-Paul, où a eu lieu l’incident de lundi.

Traitée d’«assassin» et prise à partie par les riders, l’élue locale a souligné que ces derniers avaient également fait preuve d’imprudence en ne respectant pas les consignes et notamment le drapeau rouge en vigueur lundi et qui interdit toute baignade en raison du danger.

Des mesures immédiates

Malgré la protestation des surfeurs, les mesures immédiates prises ce mardi par le préfet de la Réunion, Michel Lalande, et Huguette Bello vont dans le sens de ces remarques. «Il est désormais interdit de se baigner mais aussi de pratiquer une activité nautique lorsque le drapeau rouge est hissé et ce, sur toute l'île de La Réunion», rapporte France-Soir.

Il a également été demandé au directeur de l'environnement et l'aménagement de «proposer sous trois jours le prélèvement de requins appartenant aux espèces dangereuses et non protégées (requin tigre, bouledogue et mako)», ajoute le quotidien.