Nos machines à laver le linge polluent les océans

ENVIRONNEMENT Des scientifiques ont montré que les microparticules qui flottent dans les océans proviennent des eaux issues de nos lave-linge...

A.C.

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Machine à laver, illustration.
Machine à laver, illustration. — CLOSON DENIS/ISOPIX/SIPA

On a beau utiliser de la lessive écologique ou laver à froid,  nos lave-linge ont quand même des conséquences néfastes pour l’environnement. Une équipe de scientifiques anglo-saxons a publié le 6 septembre, dans le journal Environmental science and technology, le résultat d’une étude démontrant qu’une grande quantité de microfibres textiles échappent à la filtration des machines et des stations d’épuration, et finissent par polluer les océans.

Polyester, acrylique et polyamide finissent dans l’estomac des poissons

Les analyses réalisées par les biologistes sur les micro-plastiques retrouvés dans les sédiments de 18 rivages différents sur six continents ont mis en évidence la présence de fibres textiles, particulièrement dans les zones densément peuplées. Au Portugal et au Royaume-Uni, la quantité de microfibres dans les sédiments est particulièrement élevée: les chercheurs y ont trouvé 56% de polyester, 23% d’acrylique, 7% de polypropylène, 6% de polyéthylène et 3% de polyamide.

Les scientifiques ont ensuite lavé un seul vêtement pour analyser l’eau qui sortait de la machine. Résultat: plus de 1.900 microfibres se sont échappées. Pour chaque lessive, ce sont plus de 100 fibres par litre d’eau qui partent dans les canalisations. Les scientifiques assurent que le problème pourrait être réglé en améliorant le filtrage en sortie des lave-linge ou en adaptant les stations d’épuration à ces débris microscopiques, de moins de 1 mm. Privilégier des vêtements en fibres naturelles, comme le coton, permettrait aussi d’éviter de propager des résidus plastiques dans les océans.

Les microparticules de plastique qui flottent dans les océans s’immiscent dans la chaîne alimentaire, contaminant le plancton et les animaux qui s’en nourrissent. Elles seraient également responsables d’une pollution invisible aux PCB (polychlorobiphényles), qui rend les poissons contaminés impropres à la consommation.