Semaine de la mobilité: le grand retour de la marche à pied

DEPLACEMENTS Inscrite au Grenelle, partie intégrante des plans de déplacement, la marche à pied fait un retour en force, notamment en ville…

Mickaël Bosredon

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Réaménagement piétonnier de la place de la République à Paris
Réaménagement piétonnier de la place de la République à Paris — DR/TVK

«Bougez autrement», propose le slogan de la Semaine européenne de la mobilité, qui débute ce vendredi, et entend mettre à l’honneur les modes de déplacement «doux». Et si bouger autrement, c’était revenir à la marche à pied? Grande oubliée des plans de déplacements pendant des années, la marche, jugée bonne pour l’environnement et la santé, est de plus en plus prise en compte.

«Le Grenelle de l’Environnement a consacré un chapitre entier à la marche, avec la mise en place de codes de la rue qui instaurent davantage de respect pour le piéton et le cycliste en ville», rappelle Patrick Coroller, chef de service transports et mobilité à l’Ademe. Les collectivités la prennent davantage en compte dans leur politique d’aménagement, les entreprises dans leurs plans de déplacement, et les écoles dans leurs plans de déplacement scolaire, via les pédibus.» Il s’agit d’un ramassage scolaire à pied, encadré par deux adultes volontaires. «On comptabilise quelque 1.500 initiatives de ce type en France, surtout en zone rurale où c’est moins dangereux.»

A Paris, plus d’un déplacement sur deux à pied

De par leur densité de commerces et services de proximité, les grandes villes restent les plus à même de favoriser la marche. A la Mairie de Paris, on reconnaît que «la nature même de la ville incite à la marche», mais on met en avant les initiatives d’aménagement urbain. «Le réaménagement de la place de la République s’inscrit dans cette démarche: dans sa nouvelle configuration, elle sera consacrée à 70% aux piétons. De la même manière, le projet d‘aménagement des voies sur berges va piétonniser l’espace rive gauche. Il existe aussi une mesure que les Parisiens connaissent bien, Paris Respire, qui consiste à piétonniser certains quartiers le dimanche.»

Une étude de l’Insee, parue il y a quelques jours, indique que «les Parisiens, même s’ils possèdent un véhicule, préfèrent se déplacer à pied ou en transport en commun (73% des déplacements). En semaine, la majeure partie des déplacements se fait à pied (55%). Les femmes marchent davantage que les hommes: 60% de leurs déplacements contre 47% pour les hommes.»

Le smartphone, «outil de déplacement de demain»

Cette étude insiste sur «l’aménagement de quartiers verts ces dernières années qui ont favorisé la marche.» «L’aménagement des infrastructures est déterminant, confirme Patrick Coroller, dans les années 1960 on a construit la ville pour la voiture, en créant des ruptures type périphérique, boulevard urbain. Aujourd’hui on repense à la marche à pied dans les politiques d’urbanisme, via les zones piétonnes, et dans les projets d’éco-quartiers. Plus on sécurisera les modes doux, vélo et marche, plus ils se développeront.»

La révolution numérique y serait aussi favorable, pense Patrick Coroller. «L’outil de déplacement de demain c’est le smartphone. C’est lui qui va nous guider en ville, nous conseiller tel itinéraire, nous dire d’emprunter tel mode de déplacement, voire nous suggérer un cocktail de différents modes.»