Environnement: Et si on prenait l'apéro sur un parking ?

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Des fauteuils, un petite table et un hamac sur une terrasse éphémère gagnée sur une place de stationnement en plein Paris: l'opération Park(ing) day, née aux Etats-Unis, prend de l'ampleur en France en invitant pendant trois jours les piétons à réinvestir l'espace public.

«L'idée, c'est qu'on paie sa place de parking et, au lieu d'y mettre une voiture, on y fait ce qu'on veut», explique l'une des organisatrices devant la terrasse d'un jour aménagée à même le bitume, place de la Bourse.

Dans le 13e arrondissement, ce sont des moutons qui devaient investir une place et dans le 11e, une colonie de «camions-jouets végétalisés», autant de façons de se «réapproprier l'espace public», pour Amélie Chapleau, de l'agence Dédale, dédiée à la «culture, aux technologies et à l’innovation sociale».

Jusqu'à dimanche, une centaine d'installations sont prévues dans la capitale et des dizaines d'autres à Nancy, Marseille, Rennes et ailleurs en France à l'initiative d'associations de protection de l'environnement, de troupes artistiques, d'urbanistes ou de simples citoyens.

Réflexion sur le végétal en ville

Le Park(ing) day, né en 2005 à San Francisco, se déroulait vendredi dans une «trentaine de pays» et «180 villes, de Rio de Janeiro à Sydney», avec deux jours supplémentaires en France où l'initiative croît, selon l'agence Dédale.

«L'an dernier, on a eu plus de participants qu'à New York ou San Fransisco», se plaît à souligner Amélie Chapleau même si, sous le ciel gris, vendredi matin, les passants n'étaient pas (encore?) très nombreux.

«Ce n'est pas une opération anti-voitures, mais une réflexion sur l'espace du végétal en ville», précise-t-elle, expliquant que, au-delà du «côté festif» de l'opération, l'agence prépare un «Livre vert» à l'intention des pouvoirs publics recensant les initiatives de «réappropriation de l'espace urbain» par les piétons, les cyclistes et tous les habitants.

«Park(ing) day, c'est une formidable opportunité pour s'interroger sur quelle ville on veut demain: est-ce qu'on veut des villes pour habiter ou des villes pour circuler?», souligne pour sa part Julie Delcroix, en charge des questions d'urbanisme au WWF, qui a aussi investi le bitume parisien avec ses paniers de légumes - évidemment «bio» - et ses pandas miniatures.

Et l'ONG de plaider pour des «commerces à portée de pied en ville, pour ne plus être dépendant de la voiture, elle-même dépendante du pétrole...».