Nucléaire: Areva va renforcer ses relations avec le japonais MHI

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Le partenariat entre Areva et le groupe japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) sera renforcé, a assuré ce jeudi le président du géant de l'énergie nucléaire français, malgré la renonciation de l'entrée de MHI au capital d'Areva et les conséquences de l'accident de Fukushima. «Un investissement de MHI dans Areva avait été évoqué lorsque le gouvernement français a procédé à une augmentation de capital du groupe», a reconnu Luc Oursel, patron d'Areva, lors d'une conférence de presse à Tokyo.

«Cet investissement de MHI aurait été une façon symbolique de confirmer tout l'intérêt porté par l'entreprise japonaise au partenariat avec Areva, mais la proposition de MHI n'a pas été retenue par l'actionnaire principal d'Areva, par le gouvernement français», a-t-il expliqué. Toutefois, «cela ne change rien à la volonté des deux entreprises de renforcer toujours leur partenariat», a-t-il assuré.

Un réacteur commun de moyenne puissance en coopération

Et le même d'ajouter: «Croyez-moi, beaucoup d'idées nouvelles sont en cours de développement, après le projet de réacteur commun Atmea, après la coopération dans le domaine des gros composants, après aussi la coentreprise dans le secteur du combustible nucléaire.» La plus grosse coopération entre Areva et MHI concerne la conception, au sein d'une société conjointe, d'un réacteur commun de moyenne puissance, Atmea-1, un modèle qu'ils ont déjà proposé à la Jordanie et qui fait actuellement l'objet d'examens de la part des autorités françaises de sûreté nucléaire.

«La Jordanie doit annoncer sa décision au premier trimestre 2012, la compétition est très sérieuse, mais dès le démarrage ce pays a affiché sa volonté de construire un réacteur en choisissant les standards de sûreté les plus élevés. Nous espérons convaincre le gouvernement jordanien qu'Atmea-1 est le mieux positionné pour répondre à ce souhait», a détaillé M. Oursel.

A l'instar de ses compatriotes Toshiba et Hitachi, MHI voit son activité nucléaire perturbée par les conséquences de l'accident à la centrale de Fukushima, endommagée par le séisme et le tsunami qui ont ravagé le 11 mars le nord-est du Japon. Les projets de construction de nouveaux réacteurs dans l'archipel sont désormais gelés et la part de l'énergie nucléaire dans l'électricité du pays appelée à diminuer. Les partenariats à l'étranger sont pour les poids lourds de l'énergie nucléaire japonais un moyen de continuer à oeuvrer dans ce domaine.