La chef de l'AIE veut connaître les plans de sortie des pays qui sortent du nucléaire

ENERGIE Maria van der Hoeven demande aux pays et gouvernements qui ont annoncé leur sortie du nucléaire, des réponses face au problème de la demande croissante en énergie. pour elle le nucléaire aura encore toute sa place dans le futur...

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Centrale nucléaire de Golfech. Intérieur. Extérieur.
Centrale nucléaire de Golfech. Intérieur. Extérieur. — ALEXANDRE GELEBART / 20 MINUTES

La nouvelle directrice exécutive de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a réclamé dans un entretien à l'AFP des «réponses» et des plans de sortie clairs aux pays renonçant au nucléaire, une énergie «qui aura sa place» selon elle malgré la catastrophe de Fukushima.

«Si vous voulez abandonner le nucléaire, ma question est: "comment allez vous faire face à la demande croissante d'énergie quand vous renoncez à l'une de vos sources?" Tous les pays et gouvernements qui veulent abandonner le nucléaire doivent répondre à cette question», a déclaré la directrice exécutive, Maria van der Hoeven. L'ex-ministre néerlandaise, qui a pris ses fonctions le 1er septembre, a évoqué le cas de l'Allemagne, dont l'abandon du nucléaire à l'horizon 2022 va avoir selon elle des conséquences au niveau européen, avec des importations de l'étranger et des hausses de prix.

«Vous devez répondre à la question: +Comment allez-vous faire? Comment allez-vous vous assurer que votre approvisionnement en énergie est suffisant?», a-t-elle insisté dans un entretien réalisé mercredi. «Si votre réponse est: "on va utiliser les énergies renouvelables", alors ma question est "comment?". "Quelle est l'efficacité-coût actuelle des renouvelables? Comment allez-vous accélérer leur développement ?" Ce sont des questions auxquelles il faut répondre, sinon ce sont des déclarations plutôt "gratuites"», a-t-elle fait valoir.

L'AIE est le bras énergétique de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui réunit les pays les plus riches de la planète. En Europe, plusieurs pays, en premier lieu l'Allemagne, mais également la Suisse et l'Italie, ont décidé, dans la foulée de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en mars, de fermer leurs centrales ou de renoncer à leurs plans nucléaires. La France a, elle, défendu sa principale source d'électricité. «Il y aura une place pour l'énergie nucléaire dans le futur», a assuré Mme van der Hoeven, dont le mandat est d'une durée de quatre ans.

«Si nous voulons vraiment --et c'est le cas-- aller vers un futur avec moins d'émissions de CO2, il n'y a que deux vraies possibilités: le nucléaire, parce qu'il n'en produit pas, et les énergies renouvelables», a-t-elle dit, en soulignant que le gaz pourrait servir «en attendant».