Leonard de Vinci revisité pour sonner l'alarme sur le recul de la banquise

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Le célèbre «Homme de Vitruve» de Leonard de Vinci s'est mué en homme de glace dans l'Arctique, le temps d'une campagne destinée à tirer la sonnette d'alarme sur le recul de la banquise qui est tombée cette année près du minimum record de 2007, a annoncé Greenpeace mercredi.

Embarqué sur un brise-glace de l'organisation, John Quigley, artiste spécialisé dans l'art aérien, a reproduit le dessin le plus connu de Vinci, une étude des proportions du corps humain, à environ 800 km du pôle Nord, sur un bloc de glace d'une superficie équivalente à quatre piscines olympiques. Recomposé à l'aide de bandes de cuivre utilisées pour fabriquer des panneaux solaires mais cette fois-ci posées sur la glace, l'«Homme de Vitruve», version polaire, est amputé de ses deux bras droits et d'une jambe, symboliquement fondus dans la mer pour illustrer la disparition de la banquise. «Le changement climatique dévore littéralement le corps de notre civilisation», a expliqué l'artiste dans une vidéo publiée par Greenpeace.

L'initiative intervient alors que l'étendue de la banquise de l'Arctique s'approche du plus bas observé en 2007, menaçant l'écosystème de la région polaire. Depuis le début des mesures par satellite en 1979, l'étendue moyenne de la banquise n'a, mis à part 2007, jamais été aussi réduite en août que cette année, selon le Centre national américain de données sur la neige et la glace (NSIDC).

Selon diverses projections, la banquise de l'Arctique pourrait complètement disparaître en été dans quelques décennies. Mauvaise nouvelle pour les défenseurs de l'environnement, ce phénomène est en revanche porteur d'opportunités pour les compagnies pétrolières qui espèrent accéder à des réserves jusqu'alors hors d'atteinte et pour le transport maritime avec l'ouverture de voies commerciales plus courtes.