Un nouveau souffle pour les éoliennes?

ENERGIE Les éoliennes terrestres sont désormais soumises à la législation des installations classées pour l'environnement. Une chance, pour le gouvernement, un frein supplémentaire au développement de cette énergie, pour le syndicat des énergies renouvelables...

Mickaël Bosredon

— 

Le parc d’éoliennes d’Avignonet-Lauragais.
Le parc d’éoliennes d’Avignonet-Lauragais. — FREDERIC SCHEIBER / 20 MINUTES

Les éoliennes terrestres sont entrées il y a quelques jours dans la législation des installations classées pour l’environnement (ICPE). Enfin? Le gouvernement affirme que cela favorisera son développement sur le territoire, en allégeant les procédures et en limitant les contentieux, qui sont nombreux lors des dépôts de permis de construire. «Le nouveau dispositif permettra d’éviter le mitage du territoire et de prévenir les atteintes aux paysages, au patrimoine et à la qualité de vie des riverains.» Cette nouvelle réglementation doit «réduire les délais d’instruction à un an pour la grande majorité des projets, contre 2 à 4 ans en moyenne actuellement.» Voilà de quoi «redonner un coup d’accélérateur à cette énergie» qui doit participer fortement à  atteindre l’objectif de 23% d’énergies renouvelables en 2020.

>> Retrouvez notre dossier sur l'éolien

Ces déclarations ont «surpris» au syndicat des énergies renouvelables. Joint par 20Minutes, son président, Jean-Louis Bal, explique que «ce classement n’est pas une surprise, il était attendu. Mais l’optimisme de la ministre sur la réduction des délais d’instruction est inattendu.» Pour le SER, le gouvernement n’a rien fait que «rajouter une procédure supplémentaire à un dispositif administratif déjà consistant.»

Pas d’éoliennes près des radars

Le SER souligne par ailleurs qu’à l’intérieur de la législation ICPE, figure une clause autorisant Météo France à refuser tout projet d’éolienne dans un rayon de 30 km autour de ses radars météo. «Nous ne contestons pas que les éoliennes peuvent occasionner des perturbations. Mais sont-elles de nature à gêner le bon fonctionnement des radars, cela reste à voir. Nous souhaitons donc que le dialogue soit possible avec Météo France pour évaluer ces conséquences.»

Autre aspect de la nouvelle réglementation: la suppression de la procédure d’enquête publique préalable à tout projet d’éoliennes. «Cela en revanche pourrait effectivement réduire les délais d’instruction» reconnaît Jean-Louis Bal. «Mais cela n’enlève en rien la possibilité de déposer des recours qui peuvent retarder les projets de plusieurs années.» Jean-Louis Bal rappelle par ailleurs que l’implantation d’éoliennes terrestres doit désormais être soumise aux schémas régionaux pour l’éolien. «Or, plusieurs schémas ne sont toujours pas achevés, ce qui bloque de nombreux projets.»

Superposition de procédures

Pour le syndicat, toutes ces procédures se superposent les unes aux autres. «Les éoliennes doivent également se soumettre aux ZDE (zones de développement éolien). Il est urgent de simplifier toutes ces procédures, c’est ce que nous rappellerons dans notre Livre blanc pour l’éolien qui sortira à la fin de l’année.»

Le Grenelle de l’Environnement vise l’installation de 19.000 MW produits par des éoliennes terrestres en 2020. A ce jour, quelque 6.000 MW sont déjà installés sur le territoire, et la création est de l’ordre 1.000 MW par an.