La grotte Chauvet dévoile ses mystères dans un documentaire en 3D

CINEMA Le réalisateur allemand Werner Herzog a mis en images la grotte ardéchoise dans un documentaire en 3D, en salle le 31 août...

Audrey Chauvet

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Le panneau des chevaux, fresque de la grotte Chauvet-Pont d'Arc, dans l'Ardèche.
Le panneau des chevaux, fresque de la grotte Chauvet-Pont d'Arc, dans l'Ardèche. — DRAC Rhône-Alpes/Ministère de la Culture et de la Communication

La grotte des rêves perdus, le documentaire en 3D du réalisateur allemand Werner Herzog, va vous emmener là où personne, sauf une poignée de scientifiques, n’ont pu aller. La grotte Chauvet-Pont d’Arc, découverte en 1994 par le spéléologue Jean-Marie Chauvet, est fermée au grand public et sous surveillance étroite du CNRS pour éviter la dégradation des peintures rupestres datant de 36.000 ans avant notre ère. Mais l’équipe de tournage a été autorisée à pénétrer dans la grotte qui abrite plus de 400 peintures, deux fois plus anciennes que celles qui ornent la grotte de Lascaux.

Ambiance mystique dans la grotte

Werner Herzog est un cinéaste éclectique de Nosferatu, fantôme de la nuit en 1979 à Grizzly Man tourné en Antarctique en 2005. Pour le film sur la grotte Chauvet, il a «dit oui tout de suite»: «J’ai toujours été très fasciné par la Préhistoire, c’est une rencontre qui a éveillé et libéré ma pensée. Il est certain que cette fascination apparaît dans mon film La grotte des rêves perdus

Une ambiance mystique plane sur le film, accentuée par les jeux de lumière minutieusement étudiés pour recréer le reflet des torches préhistoriques sur les murs de la grotte:  «Nous changions les lumières de place, nous n’avions que trois petites lampes à charbon et lorsqu’elles bougeaient les ombres s’allongeaient. Un animal s’assombrissait alors et se laissait entrevoir à travers les ombres», raconte Werner Herzog.

Un film qui «invite au questionnement»

Le tournage n’a pas été de tout repos: il a fallu tout faire, lumière et son, à seulement quatre personnes et la caméra devait rester sur une passerelle de 60cm de large. Un défi pour le réalisateur qui a opté sans hésiter pour la 3D: «C’était incontournable. La 3D permet une immersion dans le drame exprimé par l’artiste préhistorique.» Mais Werner Herzog a surtout voulu transmettre l’émotion ressentie en pénétrant dans la grotte: «Il n’était pas seulement question de créer des images. C’est aussi un film qui vous invite au questionnement».

Diffusé dans de nombreuses villes françaises à compter du 31 août et nommé dans plusieurs festivals, le film devrait permettre de relayer la candidature de la grotte Chauvet-Pont d’Arc au patrimoine mondial de l’Unesco. Et de donner un avant-goût aux futurs visiteurs de la réplique de la grotte qui sera ouverte au public en 2014.