Une des hydroliennes de la ferme sous-marine de Paimpol-Bréhat
Une des hydroliennes de la ferme sous-marine de Paimpol-Bréhat — DR

ENERGIE

EDF va mettre à l'eau sa première hydrolienne au large de la Bretagne

Cette turbine test de 16 mètres de diamètre va être installée à 35 mètres de profondeur...

EDF va immerger mercredi au large de Paimpol (Côtes-d'Armor) sa première hydrolienne, une turbine sous-marine qui transforme en électricité l'énergie des courants sous-marins, a annoncé le groupe français.

D'un diamètre de 16 mètres et d'une puissance de 500 kilowatts (KW), la première turbine sous-marine d'EDF, construite par l'irlandais OpenHydro, va être installée dans l'après-midi par une barge spéciale près de l'île de Bréhat, à une profondeur d'environ 35 mètres. Non connectée au réseau électrique, cette hydrolienne test sera remontée à la surface en octobre. L'an prochain, ce sont quatre hydroliennes qui seront immergées, puis reliées par un câble au réseau électrique sur la terre ferme pour une mise en service attendue à l'automne 2012.

Objectif pour le premier producteur d'électricité mondial: confirmer que la technologie des hydroliennes, encore balbutiante, est viable sur les plans technique, économique et environnemental. Si les tests devaient être concluants, cette technologie pourrait donner naissance à une filière de production d'électricité à part entière.

Estimé par EDF à 40 millions d'euros, le projet reste pour l'instant modeste: avec 2 mégawatts, les quatre turbines sous-marines produiront de l'électricité pour environ 2.000 foyers. Mais selon EDF, le potentiel électrique exploitable des hydroliennes est estimé entre 2,5 et 3,5 gigawatts (GW) dans l'Hexagone, soit environ 3 à 5% de la production actuelle d'électricité de la France.

Quelques hydroliennes expérimentales ont déjà été installées dans le monde, en Ecosse et au Canada notamment. En France, une première hydrolienne conçue par l'entreprise bretonne Sabella avait été testée dès 2008 dans l'estuaire de l'Odet, une rivière du Finistère. Les chantiers navals militaires DCNS, qui détiennent 8% de l'irlandais OpenHydro, sont partie prenante au projet.