Bolivie: les indiens opposés à une route rejettent une offre de La Paz

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Les indiens de l'Amazonie bolivienne, qui ont entamé une marche sur La Paz pour protester contre la construction d'une route à travers leur réserve naturelle, ont refusé une invitation au dialogue du président bolivien Evo Morales, a-t-on appris dimanche de source officielle

Environ 1.250 amérindiens sont en route depuis lundi dernier pour parcourir les 600 km séparant la ville amazonienne de Trinidad, dans le nord-est de la Bolivie, de la capitale La Paz.

Les autorités ont répondu samedi à leur demande d'un dialogue direct avec M. Morales en proposant une réunion de coordination à La Paz en vue d'une rencontre ultérieure avec le président, mais les protestataires réclament qu'il vienne lui-même sur le parcours de leur marche.

"Nous n'irons à aucun dialogue. Si lui (Morales) veut venir à la marche, qu'il le fasse", a déclaré à l'AFP par téléphone Ernesto Sanchez, dirigeant du Parc national et territoire indigène Isiboro Secure (TIPNIS) que la route controversée doit traverser.

Cette voie longue de 306 km doit relier Villa Tunari, un fief politique de M. Morales, et la localité amazonienne de San Ignacio de Moxos. Financée à 80% par des capitaux brésiliens, elle est destinée à désenclaver d'ici 2014 le centre de la Bolivie et à l'ouvrir vers le Brésil voisin.

Si le gouvernement fait valoir que le projet d'un coût de 415 millions de dollars va entraîner un développement économique de la région, les indigènes craignent pour l'environnement de leur réserve naturelle qui couvre un million d'hectares et serait coupée en deux par la route.

L'entreprise brésilienne OAS a déjà commencé les travaux mais la route n'a pas encore atteint la réserve naturelle de TIPNIS où vivent plus de 50.000 Indiens moxenos, yurakarés et chimanes.

Depuis vendredi, les protestataires se trouvent à San Ignacio de Moxos, à 500 km au nord-est de La Paz. Ils comptent reprendre la marche lundi et arriver dans la capitale dans environ 35 jours, si aucun compromis n'est trouvé, selon M. Sanchez.

Les indiens reprochent au gouvernement de M. Morales son double discours concernant ce projet d'un côté et la défense de l'environnement et les droits des indigènes de l'autre.

Ils ont aussi porté le dossier devant la Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH) et l'Organisation des Etats américains (OEA).

Selon une source gouvernementale, les autorités envisageraient un trajet alternatif pour limiter l'impact écologique du projet.