Japon: traces radioactives dans la glande thyroïde d'enfants de Fukushima

SANTE Les tests avaient été effectués moins de deux semaines après le tsunami. Les concentrations d'iode observées ne seraient pas alarmantes selon les autorités...

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Des enfants japonais portent des masques à la crèche, le 10 juin 2011, à Iwaki dans la préfecture de Fukushima.
Des enfants japonais portent des masques à la crèche, le 10 juin 2011, à Iwaki dans la préfecture de Fukushima. — NEWSCOM/SIPA

Des traces d'éléments radioactifs ont été détectées dans la glande thyroïde de quelque 45% des enfants de municipalités voisines de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima ayant subi des contrôles, a-t-on appris jeudi de source officielle.

Les concentrations d'iode radioactif observées lors de tests effectués il y a cinq mois dans la préfecture de Fukushima (nord-est) ne sont toutefois pas alarmantes, en termes d'impact sur la santé, a précisé un fonctionnaire. «La position officielle du gouvernement est qu'aucun des enfants testés n'a montré des niveaux problématiques de contamination radioactive», a-t-il déclaré à l'AFP, en souhaitant conserver l'anonymat.

Un groupe d'experts gouvernementaux a conduit des contrôles auprès de 1.149 enfants âgés de moins de 15 ans, deux semaines après le séisme et le tsunami du 11 mars qui ont déclenché une série d'avaries à la centrale Fukushima Daiichi et entraîné des explosions d'hydrogène accompagnées d'importants rejets radioactifs. Au total, 44,6% des 1.080 enfants dont les tests sont valides ont présenté une contamination au niveau de la glande thyroïde, où l'iode radioactif va généralement se fixer, augmentant le risque de développer un cancer ultérieurement.

Selon le fonctionnaire, aucun des enfants ne souffre toutefois de contamination au-delà de la norme déterminée par la Commission japonaise de sûreté nucléaire (0,2 microsievert par heure), niveau à partir duquel est exigé un examen médical approfondi. La Commission envisage de l'abaisser à 0,1 microsievert par heure, un niveau atteint par un seul des sujets. Les enfants contrôlés provenaient de trois municipalités (Iwaki, Kawamata et Iitate) où des niveaux particulièrement élevés de radiations avait été constatés après l'accident.

Les résultats des tests ont été communiqués la semaine dernière aux familles dont certaines ont jugé inadmissible d'avoir dû patienter des mois malgré la gravité de la catastrophe nucléaire, la pire au monde depuis celle de Tchernobyl il y a 25 ans. Les autorités de Fukushima envisagent désormais un suivi permanent pour les 360.000 personnes âgées de 18 ans ou moins qui se trouvaient dans la préfecture au moment de l'accident.