Une étude prouve l'augmentation des cancers de la thyroïde en Corse après Tchernobyl

SANTE Depuis 25 ans, des médecins corses constatent une recrudescence des cancers de la thyroïde. Une nouvelle étude démontre un lien avec la catastrophe nucléaire de Tchernobyl...

A.C.

— 

Un des IRM de l'Institut du Cerveau et de la Moelle Epiniere (ICM), à Paris.
Un des IRM de l'Institut du Cerveau et de la Moelle Epiniere (ICM), à Paris. — DURAND FLORENCE/SIPA

Le nuage radioactif de Tchernobyl a bel et bien eu des conséquences sanitaires graves en Corse. Un rapport d’experts, publié par Le Parisien ce vendredi, démontre une augmentation des troubles de la thyroïde dans la population corse depuis 25 ans.

Augmentation de 44% à 100% des troubles de la thyroïde par rapport à avant 1986

Deux professeurs, Pierre-Marie Bras et Gilbert Mouthon, ont étudié les dossiers des patients du docteur Jean-Charles Vellutini, endocrinologue sur l’Ile de Beauté et ont observé «une augmentation importante à très importante après 1986 dans l’espèce humaine de la proportion des troubles thyroïdiens par rapport aux autres affections endocriniennes, le pourcentage moyen étant de 44% et pouvant atteindre 100%». Un échantillon de 2.096 dossiers de malades tirés au hasard a mis en évidence cet accroissement important du nombre de personnes souffrant de dysfonctionnements de la thyroïde, la glande qui régule un grand nombre de productions hormonales dans le corps humain.

Cette étude devrait être prise en compte dans le procès du professeur Pierre Pellerin, qui était à la tête du Service central de protection contre les rayons ionisants (SCPRI) en 1986. Il a été mis en examen en 2006 pour «tromperie aggravée»: après la catastrophe de Tchernobyl, il avait fait diffuser plusieurs communiqués affirmant que «l'élévation relative de la radioactivité» en France était «très largement inférieure aux limites réglementaires». L’avocat des parties civiles va demander à la Cour d'appel de Paris, qui doit se prononcer le 7 septembre prochain sur le sort de Pierre Pellerin, de rejeter la demande de non-lieu de l’accusé et d’examiner ce rapport.