Une physalie, photographiée par un chercheur de la NOAA.
Une physalie, photographiée par un chercheur de la NOAA. — DR

VACANCES

Les physalies, des cousines des méduses venues de l'autre côté de l'Atlantique

Elles ont provoqué la fermeture de plages en Aquitaine en début de semaine, mais qui sont ces méduses particulièrement urticantes?

On les appelle physalies, un nom provenant du grec «bulle d’eau». Mais ces petites bêtes ne sont pas inoffensives, ce qui leur a également valu le nom de «galère portugaise». Lundi, la plage de Lacanau était fermée d’urgence en raison de leur présence dans les eaux de baignade, et de nombreuses brûlures ont été rapportées par des vacanciers malchanceux. Catherine Vadon, maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle, nous en dit plus sur ces envahisseuses venues des mers chaudes.

Venues des Caraïbes grâce aux courants tourbillonnaires

Les physalies ne sont pas des méduses, mais des «cousines» proches, ayant pour point commun d’avoir des cellules à venin sur leurs tentacules. «Elles vivent à la surface des océans, jamais en profondeur car leur énorme flotteur bleuté, une poche de gaz, les maintient en surface. Elles sont donc portées par les marées et les vents», explique Catherine Vadon à 20 Minutes.

Habituellement, on les trouve dans les eaux tropicales et subtropicales, dans le Pacifique ou les Caraïbes. «C’est certainement le Gulf Stream qui amène les physalies des Caraïbes vers les côtes aquitaines, pense Catherine Vadon. Peut-être est-ce lié au passage de cyclones dans cette région, en tout cas ce sont des courants tourbillonnaires qui leur permettent de traverser l’océan.»

Des tentacules de 20 mètres

Lundi, plus de 200 physalies ont débarqué sur la plage de Lacanau. Un nombre normal pour Catherine Vadon, qui explique que ces animaux vivent en groupes. «Depuis trois ans, les côtes aquitaines sont sujettes à l’arrivée de physalies, mais nous ne savons pas s’il s’agit d’une tendance ou d’un phénomène momentané», poursuit la spécialiste de la vie marine.

Malgré leur flotteur d’environ 30cm et leurs tentacules pouvant atteindre 20 mètres, les physalies sont très difficiles à voir dans l’eau. La prudence est donc de mise: «Leur venin est très virulent, elles peuvent immobiliser des poissons de la taille d’un maquereau. Même s’il est détaché du corps, le tentacule reste urticant. Les brûlures peuvent être ressenties fortement par les enfants, et leur effet peut durer d’une heure à deux jours. Dans tous les cas, les réactions sont imprévisibles, donc il faut absolument consulter son médecin ou se rendre dans un centre anti-poison», conseille Catherine Vadon.