Intoxications aux champignons dans le Sud-Ouest: comment bien distinguer les bolets des cèpes?

CONSOMMATION Bolets et cèpes poussent en abondance en ce moment dans le Sud-Ouest. Mais tous ne sont pas comestibles, des dizaines de touristes viennent d'en faire les frais...

Mi.B
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Le bolet de satan fait partie des bolets toxiques
Le bolet de satan fait partie des bolets toxiques — DR

Une trentaine d’intoxications dans le Tarn-et-Garonne en quinze jours, une dizaine dans la région lyonnaise, et… 21 dans le Lot rien que dans la journée de vendredi dernier. Les vacanciers, plus ou moins connaisseurs, se sont précipités ces derniers jours à la cueillette aux champignons, notamment dans le Sud-Ouest où bolets et cèpes sont sortis de terre particulièrement tôt cette année, en raison d’une météo alternant pluie et beau temps.

Une trentaine de champignons bleuissent, mais un seul bolet bleuissant...

Problème: pour les non-spécialistes, il est parfois difficile de distinguer un cèpe d'été, parfaitement comestible, avec un «bolet à pied rouge» ou un un bolet satan. Dommage, car ce dernier provoque de sérieuses douleurs abdominales, vomissements et diarrhées. Rien de bien grave toutefois, les urgences de Cahors précisant qu’une réhydratation de 24 heures suffit aisément à remettre d’aplomb le malade.

Jean-Michel Heffner, qui anime le blog mycologia 34 confirme qu'il s'agit «d'intoxications sans gravité.» Il met en garde toutefois contre l'expression «bolet bleuissant» qui se répand depuis quelques jours. «Il n'existe qu'un seul bolet bleuissant, appelé aussi indigotier, mais une trentaine de bolets qui bleuissent quand leur chair se retrouve à l'air libre. La plupart sont comestibles, quelques-uns sont toxiques.» Il faut se méfier essentiellement du bolet satan, du bolet blafard, et du bolet de Le Gal. «Le bolet satan a un chapeau blanc grisâtre, un hymenium rouge et une chair blanche avant le bleuissement» précise le spécialiste. Les autres, comme le bolet à pied rouge, sont donc tout à fait comestibles, à condition «de bien les faire cuire» insiste Jean-Michel Heffner. Il suppose d'ailleurs que «la plupart de ces intoxications sont sans doute dues à un manque de cuisson.»

D’une manière générale, ne ramassez pas les champignons dont vous n’êtes pas sûrs, et n’hésitez pas à montrer votre cueillette à de vrais spécialistes, comme les pharmaciens.