Greenpeace demande à l'Afrique du sud d'abandonner ses projets nucléaires

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L'organisation écologiste Greenpeace a demandé à l'Afrique du sud d'abandonner ses projets d'investissement dans le nucléaire jeudi, à six mois de la conférence de Durban sur le réchauffement climatique, alors que le pays prévoit de se doter d'équipements nouveaux. «L'énergie nucléaire nous détourne dangereusement du développement nécessaire de l'énergie propre pour éviter un changement climatique catastrophique. L'énergie nucléaire fournit trop peu, trop tard et avec un coût trop élevé pour l'environnement», a souligné dans un communiqué Kumi Naidoo, directeur international de Greenpeace, lui-même sud-africain.

L'Afrique du sud devrait jouer un rôle de pointe «aussi bien en ce qui concerne ses propres choix énergétiques que pour démystifier les fausses solutions énergétiques au catastrophique changement climatique telles que le nucléaire», a ajouté Kumi Naidoo.

La pression s’accroît à l’approche de la conférence de Durban

L'Afrique du Sud, qui a connu une crise énergétique majeure en 2008 faute de pouvoir répondre à la demande d'électricité, veut se doter d'ici vingt ans de nouveaux équipements capables de produire plus de 50.000 MW supplémentaires, dont 9.600 MW par le nucléaire, un chantier global de 860 milliards de rands (89 milliards d'euros). Le pays investit lourdement dans les énergies renouvelables, mais construit dans le même temps une centrale au charbon de 4.800 megawatts à Medupi qui sera la plus importante au monde.

Le dirigeant de Greenpeace demande à la ministre de l'Energie Dipuo Peters de réexaminer le rôle du nucléaire en Afrique du sud et de décréter un moratoire sur la construction de nouveaux réacteurs atomiques au moins jusqu'à l'évaluation complète des implications de la catastrophe de Fukushima au Japon. La ministre avait annoncé en mai dernier que le pays n'allait pas abandonner son programme en dépit de Fukushima. L'attention du monde envers la politique environnementale de l'Afrique du sud s'accroît à l'approche de la Conférence internationale sur le réchauffement climatique qui sera accueillie du 28 novembre au 9 décembre dans le ville portuaire sud-africaine de Durban.