Audit du nucléaire français: l'ASN veut tester la résistance des centrales à une rupture des digues

NUCLEAIRE Les examens complémentaires décidés après la catastrophe de Fukushima devront prendre en compte les risques liés aux digues, a précisé lundi l'Autorité de sûreté nucléaire...

Audrey Chauvet

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La centrale nucléaire de Fessenheim et le Grand Canal d'Alsace.
La centrale nucléaire de Fessenheim et le Grand Canal d'Alsace. — SIPA

Pas de risque de tsunami, mais trois centrales françaises devront tester leur résistance aux inondations qui pourraient avoir lieu en cas de débordement des canaux qui leur servent de source de refroidissement. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a précisé lundi que les évaluations complémentaires de sûreté, les «stress tests» décidés par le gouvernement et demandés par l’Union européenne après la catastrophe de Fukushima, devraient prendre en compte les risques de rupture des digues.

Fessenheim, Tricastin et Cadarache, des centrales à risque?

Trois centrales françaises sont concernées: Fessenheim, le Tricastin et Cadarache. La centrale alsacienne est située près du Grand Canal d’Alsace, et la question d’une rupture des digues a déjà été abordée par la Commission locale d’information et de surveillance (Clis) de Fessenheim en juin. Selon le Conseil général du Haut-Rhin, la rupture des digues, en cas de séisme, est «improbable mais pas impossible.» La centrale, dont l’ASN a prolongé la durée de vie de dix ans début juillet, pourrait alors être envahie par un mètre d’eau. EDF, pour sa part, estimait qu’une telle situation était impossible. La Clis avait alors demandé à l’ASN une étude détaillée de ce risque, ce qui devrait être fait dans le cadre des stress tests.

Au Tricastin, ce sont les digues du canal de Donzère qui inquiètent. Ici, ce n’est pas l’inondation de la centrale qui serait à craindre, mais plutôt un manque d’approvisionnement en eau pour la refroidir. La prise d’eau de refroidissement se situe en amont du barrage de Donzère-Mondragon, programmé pour décharger toute l’eau retenue en cas de séisme ou de débordement. La source de refroidissement aurait alors un débit insuffisant, selon les associations locales, pour assurer le refroidissement des réacteurs.

Quant à Cadarache, c’est le risque de séisme qui pèse sur les digues du canal de Provence: le site, qui regroupe le centre d’études sur l’énergie atomique ainsi que le réacteur Iter, est situé sur la faille géologique d’Aix-en-Provence, une des plus actives en France, et non loin de celle de la Trévaresse, qui est à l’origine du plus grave séisme du pays en 1909.

Les exploitants des centrales ont jusqu’au 15 septembre pour rendre les conclusions de leurs évaluations complémentaires à l’ASN. L’autorité de sûreté nucléaire rendra son avis fin novembre sur les améliorations à apporter à la sécurité des centrales françaises.