«Collecter et recycler les petits produits électroniques est le plus difficile»

INTERVIEW Le président d'Eco-systèmes, Alain Grimm-Hecker, veut augmenter le nombre de petits appareils électroménagers recyclés...

Propos recueillis par Audrey Chauvet
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Recyclage de téléphones portables à Eindhoven, aux Pays-Bas.
Recyclage de téléphones portables à Eindhoven, aux Pays-Bas. — CLOSON/ISOPIX/SIPA

Plus de 311.000 tonnes collectées en 2010 et un million de tonnes depuis la création de l’éco-organisme en 2006. Eco-systèmes, dont la mission est de coordonner la collecte et le recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), rassemble 2.465 producteurs et la majorité des distributeurs de produits électroniques pour mettre en place une filière performante de collecte, dépollution, démantèlement et recyclage des composants électroniques. Le président d’Eco-systèmes, Alain Grimm-Hecker, espère que les bons résultats obtenus sur le gros électroménager seront suivis par l’amélioration des taux de collecte des petits appareils.

En 2010, vous avez collecté 6,5kg de DEEE par habitant. Etes-vous satisfait de ce résultat?

Cette année, un Français va acheter environ 16kg d’électronique. Pour le moment, la collecte est faible, notre objectif étant d’atteindre 12 à 13kgs recyclés. Notre problème est que les filières parallèles, comme les ferrailleurs ou la récupération en déchetterie, perdurent: nous devons faire en sorte que l’ensemble de la collecte passe par un éco-organisme.

Pour quels produits avez-vous le plus faible taux de collecte?

Pour tout le gros équipement, comme les frigos ou les machines à laver, les distributeurs ont une obligation de reprise, donc on récupère ça très bien. Mais pour les petits produits, c’est plus difficile. Tout le monde a un téléphone portable dans son tiroir ou une vieille cafetière à la cave mais on ne les rapporte pas. Pour remédier à ça, nous allons installer des grands meubles de collecte dans près de 7.000 points de vente et communiquer, via la radio et l’affichage, auprès des consommateurs. Le problème, c’est que les achats de petit électroménager sont à 50% des cadeaux ou des achats impulsifs, des situations dans lesquelles on ne rapporte pas l’ancien appareil.

Pourtant le consommateur paye une contribution sur tous ces produits pour la filière de recyclage?

Oui, cette contribution va de 15 euros pour un gros réfrigérateur à 1 centime pour un téléphone mobile. Elle est payée au fabricant, qui le verse à l’éco-organisme en charge de toute la filière de collecte, dépollution, recyclage. Mais l’éco-organisme ne fait pas de profit: il est sans but lucratif.

Les filières de recyclage profitent-elles à l’économie locale?

Les déchets ne voyagent pas, ce serait ridicule compte tenu du coût du pétrole et du poids en CO2. Tout le recyclage a lieu en France et nous voulons y encourager la création d’emplois. Pour cela, nous menons des programmes de recherche assez lourds sur le recyclage des écrans plats par exemple, pour les démanteler et récupérer les métaux rares. Nous travaillons aussi sur les différentes sortes de plastique, qui doivent être pures pour pouvoir être recyclées. Cela nous coûte beaucoup de temps et d’argent mais nous voulons faire de la filière française une filière d’excellence.