Fukushima: le calendrier des travaux est respecté

JAPON Tepco est dans les temps prévus pour la stabilisation de la situation à la centrale de Fukushima...

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Les cuves utilisées pour la décontamination des eaux radioactives de la centrale nucléaire de Fukushima, le 9 juin 2011.
Les cuves utilisées pour la décontamination des eaux radioactives de la centrale nucléaire de Fukushima, le 9 juin 2011. — Masatoshi Okauchi / Rex/REX/SIPA

L'opérateur de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima a annoncé vendredi que l'injection d'azote avait commencé dans le troisième réacteur endommagé, conformément au calendrier de stabilisation, après la plus grave crise nucléaire depuis 25 ans. Une porte-parole de la compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco) a précisé que cette opération délicate, destinée à réduire les risques d'explosion d'hydrogène, avait débuté jeudi soir. «Nous avons désormais injecté de l'azote dans les réacteurs 1, 2 et 3», a-t-elle indiqué, en faisant référence à l'une des tâches principales qui devaient être achevées avant la mi-juillet dans le cadre de la première phase.

Un nouveau calendrier le 19 juillet

Un mois après le séisme et le tsunami géants du 11 mars, à l'origine de la catastrophe nucléaire, le gouvernement et Tepco avaient présenté en avril un calendrier détaillant les opérations visant à stabiliser les réacteurs et à maintenir le combustible sous la température des 100 degrés Celsius d'ici à janvier 2012. Cet échéancier a depuis été actualisé chaque mois. «Nous allons présenter un nouveau calendrier le 19 juillet», a indiqué la porte-parole. Selon le journal Yomiuri, le gouvernement devrait annoncer à cette occasion la fin de la première phase. La centrale Fukushima Daiichi a été grièvement endommagée lorsqu'un tsunami de 14 mètres de haut a noyé les installations électriques, provoquant un arrêt des systèmes de refroidissement des réacteurs et entraînant des explosions d'hydrogène, ainsi qu'une fusion du combustible nucléaire.

Pendant cette première phase, Tepco a notamment réussi à mettre en place une usine de décontamination des eaux usées radioactives, afin d'alimenter un système temporaire de circulation hydraulique destiné à refroidir les réacteurs. Pour la décontamination de dizaines de milliers de tonnes d'effluents accumulés dans les bâtiments, l'opérateur a obtenu l'aide du groupe nucléaire français Areva et de la société américaine Kurion. Plus de 80.000 personnes vivant dans un rayon de 20 kilomètres autour de la centrale et dans une bande s'étirant au nord-ouest du site ont été forcées d'évacuer leur domicile, en raison d'une radioactivité supérieure à la normale.

Les tests de résistance précisés

Au vu des progrès enregistrés à la centrale, le gouvernement envisage cependant de lever les restrictions concernant les résidents de la «zone de préparation à l'évacuation d'urgence», située entre 20 et 30 km de la centrale. «La stabilisation du système de refroidissement sera la condition» de cette décision, a déclaré Goshi Hosono, ministre chargé de la crise nucléaire, selon l'agence de presse Jiji. L'usine de décontamination, maillon essentiel du dispositif de refroidissement des réacteurs, a été fréquemment stoppée en raison de problèmes liés à la très forte radioactivité des effluents. Le conglomérat industriel japonais Toshiba a prévu de livrer un deuxième système de traitement de l'eau radioactive début août.

Par ailleurs, l'Agence de sûreté nucléaire et industrielle (Nisa) a précisé vendredi les critères des «tests de résistance» auxquels seront soumises les centrales nucléaires japonaises. Seuls 19 réacteurs sur 54 sont encore en activité, les autres ayant été arrêtés soit à la suite d'un séisme, soit pour maintenance. Tous devront prouver leur résistance aux séismes, tsunamis, coupures d'électricité et perte des fonctions de refroidissement, avant de pouvoir redémarrer, a précisé l'agence Jiji.