5 millions de Français vont pouvoir recycler tous les plastiques

RECYCLAGE Eco Emballages lance une expérimentation dans 80 villes pour recycler tous les déchets plastique, même les pots de yaourt...

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Poubelles de tri sélectif.
Poubelles de tri sélectif. — AFP

Bientôt la fin du casse-tête devant la poubelle? Les pots de yaourts, barquettes de fruits, sachets de produits congelés pourront, dès 2012, être recyclés par 5 millions de Français dans le cadre d'une expérimentation qui vise à améliorer le tri du plastique limité actuellement aux bouteilles et flacons. Cette expérimentation à grande échelle dans 83 collectivités va permettre une «simplification du geste de tri» des habitants, parfois hésitants au moment de jeter leurs emballages plastique, explique-t-on chez Eco-Emballages, l'éco-organisme gérant le financement du tri des emballages, qui présentait jeudi les grandes lignes de cette opération.

A partir du 1er janvier 2012, à certains endroits de Paris, à Lyon ou à Nice par exemple, les habitants seront invités à mettre dans leur «bac jaune» leurs pots de yaourts et de crème fraîche, barquettes de fruits, sachets de produits congelés, en plus des bouteilles et flacons collectés aujourd'hui.

Ne plus enfouir de plastique

L'expérimentation qui touchera 5 millions de Français constitue «une première étape pour accélérer le recyclage en France», espère l'éco-organisme. «Plus d'un million de tonnes d'emballages en plastique sont mises sur le marché chaque année et seules 200.000 tonnes sont recyclées», soit un taux de recyclage de 22,5%, explique Eco-Emballages. «Au final, l'extension des consignes de tri laisse entrevoir la possibilité de doubler le taux de recyclage des emballages en plastique pour atteindre 40%», estime l'éco-organisme.

L'expérimentation permettra la collecte de quatre nouvelles résines de plastique et s'accompagnera du développement dans les centres de tri concernés de nouvelles techniques permettant de les recycler. Aujourd'hui, les emballages en plastique non recyclés sont incinérés ou enfouis. «Il y a un vrai problème de pollution par les plastiques, on agit pour réduire cette pollution», explique à l'AFP Eric Brac de la Perrière, directeur général d'Eco-Emballages.

Un investissement pour les collectivités locales

Outre cette expérimentation de deux ans visant à accroître le volume d'emballages plastique collectés, les entreprises sont également encouragées, par une nouvelle tarification de leur contribution financière, à réduire des emballages à la source et à en améliorer la «recyclabilité», souligne-t-il.

Pour les collectivités, l'amélioration du recyclage des emballages plastique présente un intérêt financier, indique Vincent Casper, directeur général du syndicat mixte de la région de Sarcelles, volontaire pour conduire l'expérimentation sur 18 communes et environ 20.000 foyers. «Une tonne de ces matières plastiques incinérées, ça nous coûte une centaine d'euros. Si on la vend sur le marché, cela peut nous rapporter entre 300 et 500 euros la tonne», estime-t-il, précisant toutefois que l'adaptation du centre de tri va nécessiter un investissement de 200.000 euros environ.