Les 2 Vaches développent la filière du lait bio en Normandie

AGRICULTURE La marque de yaourts bio s'est lancée dans un projet régional pour inciter les éleveurs à se convertir...

A.C.

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Vaches laitières dans un pâturage normand.
Vaches laitières dans un pâturage normand. — GILE MICHEL/SIPA

Pour faire des yaourts bio, il faut du lait bio. Ca parait simple, mais l’explosion de la demande de produits bio est confrontée à une production encore minoritaire en France. Pour résoudre ce problème, la société Stonyfield, qui commercialise en France la marque Les 2 vaches, mène en Normandie un projet pour faciliter la conversion des agriculteurs au bio.

Créer un contexte favorable à la conversion au bio

Derrière la mine souriante des deux vaches sur le pot de yaourt se cache un programme mené en collaboration avec la Chambre d’agriculture de Normandie, le Groupement régional d’agriculture biologique (Grab), les vétérinaires et les lycées agricoles. «C’est une approche à 360° autour de l’éleveur: on agit sur tout ce qui pourrait faciliter son passage au bio, explique Daniel Tirat, directeur général de Stonyfield France. Par exemple, les vétérinaires ne sont pas toujours très à l’aise pour aider les éleveurs qui veulent se convertir, donc nous avons monté avec eux des formations sur la phytothérapie. Nous avons aussi travaillé sur la maximisation du prix de vente des vaches qui partent en boucherie, grâce à une alimentation optimale à la fin de leur vie, et sur la formation aux méthodes bio dans les lycées agricoles.»

Pour illustrer ce projet, une ferme expérimentale a vu le jour à Tracy Bocage, dans le Calvados. Des essais végétaux y sont menés, notamment sur les variétés de blé et de maïs, et des formations pour les agriculteurs y sont organisées. «Pour eux, la conversion au bio est un changement de métier. Ils passent d’une logique de "un problème, une solution chimique" à des techniques plus complexes», observe Daniel Tirat.

Des agriculteurs frileux face à des consommateurs gourmands de bio

Des trois fermes qui fournissaient Les 2 vaches à la création de la marque en 2006, la marque a réussi aujourd’hui a trouvé 11 fournisseurs à proximité de son usine de fabrication. La localisation géographique des fermes est primordiale «pour assurer une efficacité économique et environnementale» précise Daniel Tirat. A l’heure actuelle, la Normandie ne fournit pas tout le lait nécessaire, et quelques fermes de Bretagne et des Pays de la Loire livrent leur lait aux 2 vaches.

Daniel Tirat espère que le projet Reine Mathilde permettra d’atteindre l’objectif de 30 fermes bio en Normandie: «L’année 2011 n’est pas très favorable à la conversion car le prix du lait conventionnel a augmenté. Les agriculteurs sont donc plus attentistes», regrette-t-il. La demande des consommateurs, elle, ne connaît pas de passage à vide: avec une croissance de 20 à 30% par an, Les 2 vaches s’imposent comme la gamme montante des yaourts Danone, même si pour l’instant elle ne représente que 1% des volumes vendus dans le groupe.