Dix ans de plus pour Fessenheim: Les anti-nucléaires réagissent

NUCLEAIRE Une décision «inacceptable», preuve d'un «entêtement français»... Les réactions à la décision de l'Autorité de sûreté nucléaire ne se sont pas fait attendre...

A.C.

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Manifestation anti-nucléaire devant la centrale de Fessenheim, le 26 juin 2011.
Manifestation anti-nucléaire devant la centrale de Fessenheim, le 26 juin 2011. — AFP PHOTO / SEBASTIEN BOZON

Alors que l’Autorité de sûreté nucléaire vient de se prononcer  en faveur de la poursuite de l’exploitation du réacteur numéro 1 de la centrale nucléaire de Fessenheim, les anti-nucléaire montent au créneau contre cette décision et réclament l’arrêt immédiat de la plus vieille centrale de France.

Une menace pour les voisins suisses et allemands qui ont choisi de sortir du nucléaire

Pour le Réseau «Sortir du nucléaire», la décision de prolongation est «inacceptable». «Cette prolongation décidée au mépris des populations constitue un déni de démocratie, alors que de part et d'autre du Rhin, élus et citoyens se sont prononcés en masse pour la fermeture de la centrale», déclare le réseau dans un communiqué. «La doyenne des centrales françaises menace non seulement la France, mais aussi nos voisins suisses et allemands qui ont choisi de se passer de l'atome.»

La secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot, rappelle que «85.000 personnes ont signé la pétition du collectif Stop Fessenheim. Pourtant, les autorités continuent à rester aveugles au risque que fait courir Fessenheim à la population.»

L’«arrogance française» pour Eva Joly

Pour la candidate à la primaire écologiste, Eva Joly, «l’arrogance nucléaire française se poursuit». «Comme si Fukushima n'avait pas eu lieu, l'ASN ne tient pas compte de la décision collégiale de la Commission européenne de mettre en place des critères européens de “stress tests”.   En utilisant ses propres critères, l'ASN préfère choisir le moins-disant sécuritaire», déclare l’eurodéputée, rappelant qu’avec le nucléaire «ce sont des milliers d'entreprises dans les énergies renouvelables et des centaines de milliers d'emplois qui ne voient toujours pas le jour en France.»

 Quant à Stéphane Lhomme, président de l’Observatoire du  nucléaire, il demande aux citoyens de «se mobiliser pour faire annuler dès que possible cette décision irresponsable et, de façon générale, pour contraindre le personnel politique à décider enfin la sortie du nucléaire la plus rapide possible, à commencer par la fermeture immédiate des réacteurs arrivés à 30 ans de fonctionnement.»