Les coucous suivis à la trace grâce à leur blog

BIODIVERSITE Pour comprendre la diminution du nombre d'oiseaux venant passer l'été en Europe, les scientifiques vont les pister durant toute l'année...

A.C.

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Un coucou à bec jaune.
Un coucou à bec jaune. — Jeremy Woodhouse/SUPERSTOCK/SIPA

Ils s’appellent Clément, Martin, Lyster, Kasper et Chris. Ces cinq coucous vont être suivis à la trace durant leur migration annuelle de 5.000 km vers l’Afrique par des scientifiques britanniques du British trust of ornithology (BTO) qui cherchent à connaître les raisons du déclin de la population de coucous. Equipés d’émetteurs satellites ultra-légers, les cinq oiseaux vont dévoiler leurs routes de migration et les lieux où ils séjournent durant l’hiver. Toutes ces informations seront consignées dans leur «blog».

Comprendre pourquoi les coucous disparaissent

Les ornithologues ont constaté une diminution de 65% entre 1984 et 2009 du nombre de coucous venant passer l’été en Grande-Bretagne. La disparition d’un grand nombre d’insectes, comme les chenilles dont ils se régalent, pourrait expliquer que les oiseaux boudent l’Angleterre. Mais le problème vient peut-être d’ailleurs: «Cela peut être dû à une destruction de leur habitat durant la migration ou l’hibernation, explique Chris Hewson, en charge du projet de suivi des oiseaux. Nous savons très peu de choses sur ces endroits et si nous n’en apprenons pas plus, il sera peut être trop tard pour les sauver.» Les émetteurs satellites placés sur les oiseaux transmettent les données géographiques pendant 10 heures d’affilée, puis passent en veille pour recharger leurs batteries solaires pendant 48 heures.

Chaque oiseau tient son blog

Les cinq coucous géo localisés tiennent un blog sur le site de la BTO : chaque oiseau fait l’objet d’un portrait et décrit ensuite son itinéraire, carte à l’appui. Première leçon pour les ornithologues: le départ d’Europe se fait de plus en plus tôt. Clément a décollé le 3 juin de Grande-Bretagne, près d’un mois et demi avant la date prévue par les scientifiques. Il est actuellement dans le sud de la France, près de Collobrières, tandis que trois de ses congénères ont choisi une route différente (Kasper survole le nord de l’Italie, Chris est encore au-dessus des Pays-Bas et Martin a bifurqué à hauteur de Lyon vers les Alpes italiennes). Seul Lyster est encore en Grande-Bretagne.