La Formule 1 se prépare à un futur plus vert

SPORT Les écuries développent des moteurs moins gourmands en carburant...

A.C.

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Michael Schumacher au volant de sa Mac Laren Merecedes, précédant Rubens Barrichello au Grand Prix de Hongrie, le 1er août 2010
Michael Schumacher au volant de sa Mac Laren Merecedes, précédant Rubens Barrichello au Grand Prix de Hongrie, le 1er août 2010 — AFP PHOTO / ATTILA KISBENEDEK

La Formule 1, le sport le moins écolo? Pas sûr, si l’on en croit les dernières déclarations de Ross Brawn, le directeur de l’écurie Mercedes, et du directeur exécutif de Mc Laren Martin Whitmarsh. Lors d’une rencontre avec les supporters des deux écuries la semaine dernière en Grande-Bretagne, les deux patrons ont donné une vision beaucoup plus verte de la Formule 1 pour les prochaines années. Des moteurs moins consommateurs de carburant sont en cours de développement, à l’image des V6 1,6 litre turbocompressé avec  système de récupération d’énergie électrique (le Kers qui existe déjà actuellement), qui feront leur apparition en 2014.

C’est «cool» de consommer moins de carburant

Pour Ross Brawn, l’intérêt de ces nouveaux moteurs moins polluants, «ce n’est pas seulement l’économie de carburant en elle-même, mais le message qu’ils délivrent: c’est «cool» d’avoir un moteur économe et de courir en utilisant beaucoup moins d’essence.» Les moteurs hybrides en cours de fabrication devraient permettre d’économiser 35% de carburant grâce à des systèmes de récupération d’énergie, et se limiteront à 15.000 tours par minutes contre 18.000 aujourd’hui. «Nous nous fixons des objectifs ambitieux pour réduire la quantité d’essence que nous utilisons, a expliqué Ross Brawn. 30%, 40% et même 50% de réduction par rapport à ce que nous consommons aujourd’hui, mais toujours avec la même puissance et la même excitation.»

Un rêve de vitesse «dépassé et obscène»?

Ces bonnes résolutions écologiques ne font pas que des heureux. Bernie Ecclestone, l’homme d’affaires britannique considéré comme le grand argentier de la F1, craint que sans la vitesse, le bruit et la performance, la Formule 1 perde son intérêt. Un point de vue nuancé par Jean Todt, président de la Fédération internationale automobile (FIA): «La F1, de plus en plus, se doit de tenir compte de l’environnement et de l’évolution du monde, déclare-t-il à Nice Matin. En tant que législateur de la compétition automobile, je mesure l’ampleur du rôle qui est le nôtre pour rendre les  choses plus acceptables, plus raisonnables aux yeux de la société.»

La F1, «dépassée et obscène» comme le juge Nicolas Hulot, ou un espace d’innovation pour développer de nouveaux moteurs hybrides performants? Certaines courses automobiles, à l’image du trophée Andros, laissent de plus en plus de place aux véhicules électriques. Les puristes de la course automobile pourraient toutefois regretter que les considérations écolos «polluent» les grands prix, et ne fassent plus autant rêver qu’avant.