Tricastin: l'Autorité du nucléaire impose à EDF de nouvelles exigences

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L'Autorité de sûreté nucléaire a annoncé jeudi avoir imposé 32 nouvelles exigences de sécurité à EDF pour la poursuite de l'exploitation du réacteur numéro 1 de sa centrale du Tricastin (Drôme), directement liées aux leçons tirées de la catastrophe de Fukushima.

En décembre dernier, l'autorité indépendante avait approuvé la prolongation pour "dix années supplémentaires", après trente ans de fonctionnement, de l'exploitation de ce réacteur de 900 mégawatts. Mais cet avis de l'ASN précisait que ce feu vert serait assorti d'une série de "prescriptions techniques" pour renforcer le niveau de sécurité de ce réacteur et le rapprocher des exigences en vigueur dans des installations plus récentes, rappelle l'ASN dans un communiqué.

Les prescriptions dévoilées jeudi "couvrent la totalité des opérations d'exploitation et renforcent notamment le niveau d'exigence applicable en matière de protection du site vis-à-vis des risques d'agressions externes d'origine naturelle (inondation, séisme, incendie)", souligne le communiqué.

Ainsi, l'Autorité demande à l'opérateur EDF d'effectuer d'ici fin 2014 des travaux de protection du site contre des risques d'inondation, et cinq prescriptions concernent les risques sismiques.

Mais l'ASN tire plus largement les leçons des incidents en série qui ont abouti à la fusion du coeur de plusieurs réacteurs de la centrale japonaise de Fukushima en mars dernier: prendre des mesures pour éviter une explosion d'hydrogène dans l'enceinte de confinement du réacteur et améliorer le système de refroidissement de la piscine où est entreposé le combustible usé du réacteur.

Elle demande aussi de nouveaux contrôles de la zone de la cuve du réacteur n° 1 du Tricastin "dont les défauts sont connus et surveillés".

Ces 32 prescriptions pourront encore être complétées d'autres une fois connus les résultats de l'audit de sûreté de toutes les installations nucléaires lancé par l'ASN après Fukushima, souligne le communiqué.

En juillet 2009, l'ASN avait donné un feu vert de principe à une prolongation jusqu'à 40 ans de l'exploitation des réacteurs nucléaires de 900 mégawatts, sous réserve d'une évaluation au cas par cas.

Le cas du réacteur 1 de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), la plus ancienne encore en activité avec 33 ans de fonctionnement, est en cours d'examen.

La France compte au total 34 réacteurs de 900 MW ayant en moyenne environ 28 ans.