La pire sécheresse depuis 60 ans frappe 10 millions de personnes dans la Corne de l'Afrique

CLIMAT Cette sécheresse aggrave les problèmes de malnutrition dans les pays concernés...

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Une réfugiée somalienne porte des jerricans d'eau dans un camp à la frontière avec le Kenya, en avril 2011.
Une réfugiée somalienne porte des jerricans d'eau dans un camp à la frontière avec le Kenya, en avril 2011. — REUTERS/Natasha Elkington

Plus de 10 millions de personnes sont frappées par la pire sécheresse en 60 ans dans certaines régions de la Corne de l'Afrique, confrontant certaines populations du Kenya, de Somalie et d'Ethiopie à de graves problèmes de malnutrition, ont déclaré mardi les Nations unies. Dans la Corne de l'Afrique, «plus de 10 millions de personnes sont touchées à un stade ou à un autre par la sécheresse», a indiqué la porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), Elisabeth Byrs lors d'un point de presse. «On n'a pas vu de telle sécheresse depuis 60 ans dans certaines zones pastorales», a-t-elle ajouté, expliquant que le manque de pluies avait provoqué «une crise alimentaire importante dans cette partie du monde».

«Un enfant sur trois en Somalie est en sous-nutrition»

Selon les données de l'ONU, la sécheresse touche notamment 3,2 millions de personnes au Kenya, 2,6 millions en Somalie, 3,2 millions en Ethiopie et 117.000 à Djibouti. «Dans plusieurs régions loin des côtes du Kenya, d'Ethiopie et de Somalie, on est proche de la famine», a insisté Elisabeth Byrs. «Nous en sommes au stade d'urgence qui précède celui de la famine. Mais la situation peut évoluer», a-t-elle précisé. Cette sécheresse a été provoquée par un déficit de pluie depuis deux ans qui a affecté les récoltes et déclenché une flambée des prix des céréales, rendant l'accès à la nourriture critique, notamment pour les bergers dont le bétail souffre également durement.

La malnutrition des enfants est particulièrement importante, s'inquiètent encore les Nations unies. «Les taux dans les régions les plus affectées sont plus du double du seuil d'urgence de 15% et devraient augmenter», a souligné Elisabeth Byrs à l'AFP. «Un enfant sur trois en Somalie est en sous-nutrition», a-t-elle poursuivi, expliquant que le taux de mortalité était élevé parmi les plus jeunes.

Des milliers de déplacés

Malgré une situation qui ne cesse de se détériorer, les Nations unies peinent à trouver les financements pour ses activités, a encore relevé Elisabeth Byrs. L'appel de fonds 2011 pour Djibouti (39 millions de dollars) n'est actuellement financé qu'à 30%. Celui pour la Somalie, de 529 millions de dollars, ne l'est qu'à 50% tandis que celui pour le Kenya (525 millions) est financé à 54%. «Ce manque de fonds limite les activités des humanitaires alors que la situation s'aggrave de jour en jour pour les populations les plus vulnérables», a insisté Elisabeth Byrs.

Cette sécheresse a par ailleurs provoqué des déplacements massifs de populations. Selon les chiffres du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) publiés vendredi, quelque 20.000 Somaliens sont arrivés ces deux dernières semaines dans le camp de réfugiés de Dadaab, au nord-ouest du Kenya. «Plus de la moitié des enfants arrivant du Sud de la Somalie dans les camps de réfugiés en Ethiopie souffrent de malnutrition», a insisté Ocha.